Publié le 13 novembre 2025 à 07h23. La vitamine D, essentielle à la santé osseuse et immunitaire, fait l’objet de débats quant à la dose optimale. Entre recommandations prudentes et protocoles à haute dose pour certaines maladies, il est crucial de comprendre les risques et les bénéfices.
- La vitamine D joue un rôle clé dans la santé des os, le système immunitaire et pourrait même avoir un impact sur le système cardiovasculaire.
- Des doses élevées de vitamine D, sans avis médical, peuvent entraîner une hypercalcémie et des complications potentiellement graves.
- Le protocole de Coimbra, utilisant des doses massives de vitamine D pour les maladies auto-immunes, suscite la controverse et nécessite une surveillance médicale étroite.
La vitamine D est bien plus qu’un simple nutriment. Elle participe activement à la construction et au maintien d’os solides, renforce les défenses immunitaires et pourrait même contribuer à la prévention des maladies cardiovasculaires. Selon la Society for Applied Vitamin Research (GVF), certaines études suggèrent un lien entre un apport suffisant en vitamine D et une réduction du risque d’infections respiratoires, de maladies auto-immunes, de maladies cardiaques et d’hypertension artérielle.
Face à ces multiples bienfaits, l’idée de consommer de grandes quantités de vitamine D peut sembler séduisante. Cependant, la prudence est de mise. La GVF met en garde contre les risques d’une surdose, surtout sur une longue période. Une trop forte concentration de vitamine D peut entraîner une hypercalcémie, c’est-à-dire un excès de calcium dans le sang. Les symptômes peuvent varier de nausées et vomissements à de la fatigue, voire, dans les cas les plus graves, des problèmes rénaux ou des troubles du rythme cardiaque.
Il est donc impératif de consulter un médecin avant d’envisager une supplémentation importante en vitamine D. De plus, il est important de distinguer les différentes formes de vitamine D. Helena Orfanos-Boeckel, néphrologue et experte en métabolisme, explique dans son guide « Thérapie nutritionnelle » qu’il existe trois formes principales :
- Précurseur (vitamine D3, cholécalciférol) : Absorbée par les aliments ou produite par la peau grâce à la lumière UVB à partir d’un précurseur du cholestérol.
- 25-OH-D (Calcidiol) : L’hormone de stockage de la vitamine D, généralement mesurée dans le sang pour évaluer le statut vitaminique.
- 1,25-(OH)2-D (Calcitriol) : L’hormone active de la vitamine D, principalement produite par les reins à partir du calcidiol.
Selon le Dr. Orfanos-Boeckel, les avertissements concernant les effets secondaires concernent souvent le calcitriol, qui peut libérer rapidement du calcium des os à fortes doses. Elle considère que des taux élevés de calcidiol (jusqu’à 150 ng/ml) ne posent pas de problème si la calcémie reste normale et que le rapport D est inférieur à 1,0, à condition que le métabolisme du calcium soit correctement régulé.
L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a fixé une quantité maximale inoffensive de vitamine D à 4 000 UI par jour pour la plupart des adultes. Des doses plus élevées peuvent être recommandées aux personnes âgées, mais uniquement sous contrôle médical, afin de prévenir la perte de densité osseuse et l’ostéoporose.
Le protocole de Coimbra, développé par le neurologue brésilien Dr. Cicero Coimbra, propose une approche alternative pour les maladies auto-immunes, basée sur des doses très élevées de vitamine D (jusqu’à 60 000 UI par jour dans certains cas). L’objectif est de moduler le système immunitaire et de ralentir la progression de la maladie. Susanne Sander, atteinte d’une maladie auto-immune, témoigne avoir pu mettre sa myosite en rémission grâce à ce protocole, comme elle l’explique dans son livre « Vitamine D (…) L’option thérapeutique pour les maladies auto-immunes ».
Cependant, l’efficacité et la sécurité du protocole de Coimbra restent controversées. Certains experts, comme le Dr. Tjalf Ziemssen, directeur du Centre de neurosciences cliniques et de sclérose en plaques de Dresde, le jugent extrêmement dangereux, pouvant entraîner une insuffisance rénale, surtout en cas de régime alimentaire pauvre en calcium. Le Dr. Friedemann Paul, de la Charité de Berlin, reconnaît l’existence de rapports de cas positifs, mais souligne l’absence de preuves scientifiques solides issues d’études rigoureuses. Il insiste sur le droit des patients à explorer des approches alternatives, tout en soulignant la nécessité d’une surveillance médicale étroite.
Il est également important de noter que les besoins en vitamine D peuvent varier selon le sexe. Les femmes présentent souvent des carences différentes de celles des hommes. Les symptômes d’une carence en vitamine D peuvent également varier en fonction de l’âge. Enfin, la vitamine D joue un rôle important dans la prévention de la dépression.