Publié le 13 janvier 2024 à 19h47. Les amateurs de Guinness en Irlande devront débourser davantage pour leur pinte favorite : une nouvelle augmentation de prix, la cinquième en trois ans, est annoncée par le brasseur Diageo, suscitant l’inquiétude des tenanciers de pub déjà fragilisés.
- Le prix d’une pinte de Guinness devrait augmenter d’environ 20 centimes dans les prochaines semaines.
- La Fédération des vignerons d’Irlande (VFI) craint que cette hausse n’entraîne la fermeture de nombreux pubs, en particulier en milieu rural.
- Diageo justifie cette augmentation par les pressions croissantes sur les coûts à l’échelle du secteur.
Une nouvelle hausse des prix de la célèbre bière noire irlandaise est en vue. Diageo, le groupe auquel appartient Guinness, a annoncé une augmentation de 7 centimes par pinte, qui se traduira, selon les estimations, par une hausse d’environ 20 centimes pour le consommateur final, une fois la TVA et les marges des publicains ajoutées. La version sans alcool, Guinness 0:0, ne sera pas épargnée, avec une augmentation de 10 centimes, qui pourrait également atteindre 20 centimes pour le client.
Cette décision intervient alors que le secteur de la restauration est déjà confronté à des difficultés majeures, avec une inflation persistante, des coûts de main-d’œuvre en hausse et des factures d’énergie élevées. Les tenanciers de pub s’inquiètent de l’impact de cette nouvelle augmentation sur leur chiffre d’affaires et la fréquentation de leurs établissements.
Dans une lettre adressée aux publicains, Diageo a expliqué que cette augmentation, qui prendra effet le 2 février, était nécessaire pour maintenir ses activités en Irlande face aux « pressions sur les coûts à l’échelle du secteur ». Le brasseur a affirmé qu’il restait « engagé à soutenir votre entreprise et le secteur hôtelier dans son ensemble en Irlande ».
La Fédération des vignerons d’Irlande (VFI) a vivement critiqué cette décision, soulignant que les prix de gros représentent le principal poste de dépenses pour les pubs.
« Les citoyens sont touchés de toutes parts, mais le coût des boissons constitue le plus gros fardeau auquel ils sont confrontés. »
Pat Crotty, directeur général de la VFI
Selon la VFI, cette augmentation mettra une pression supplémentaire sur les pubs, dont beaucoup pourraient être contraints de répercuter la hausse sur leurs clients, ce qui ne ferait qu’aggraver la situation.
La VFI a également mis en garde contre le risque de fermetures de pubs, en particulier dans les zones rurales, où les établissements sont déjà fragilisés par la baisse de la fréquentation et l’augmentation des coûts d’exploitation.
« Il arrive un moment où les pubs ne peuvent tout simplement pas continuer à supporter seuls ces augmentations. »
Pat Crotty, directeur général de la VFI
La fédération a appelé le gouvernement à mettre en place des mesures de soutien ciblées pour aider le secteur, notamment une réduction des taxes sur la bière pression et le cidre vendus dans les pubs, ainsi que des aides pour atténuer la hausse des coûts de main-d’œuvre. Elle souligne que les pubs sont des piliers des communautés locales et que leur survie est essentielle.
