Publié le 2025-10-02 03:21:00. L’Australie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée ont officialisé un traité de défense historique, renforçant leur coopération sécuritaire à un niveau sans précédent. Cette alliance, la première du genre pour l’Australie depuis plus de 70 ans, prévoit une assistance mutuelle en cas d’attaque militaire et une formation accrue pour les forces papouanes.
- Le traité, baptisé Pukpuk, a été approuvé par le cabinet de Papouasie-Nouvelle-Guinée.
- Il prévoit l’intégration de 10 000 soldats papouans au sein de la Force de défense australienne dans le cadre de programmes de coopération.
- L’Australie réaffirme son engagement envers la sécurité de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, tout en faisant face à des critiques concernant des retards dans la signature de cet accord.
Port Moresby et Canberra ont scellé leur partenariat sécuritaire avec la validation du traité Pukpuk par le gouvernement papouan. Le Premier ministre de Papouasie-Nouvelle-Guinée, James Marape, a souligné que cette alliance porterait les relations de sécurité entre les deux pays à « leur plus haut niveau historique ». Il a insisté sur la nécessité de garantir la sécurité et la protection des citoyens et des frontières de son pays.
Le traité prévoit une assistance mutuelle en cas d’agression militaire, mais va au-delà d’un simple renforcement des capacités militaires. Il inclut des programmes de formation concrets, avec l’objectif ambitieux d’intégrer 10 000 soldats papouans au sein de la Force de défense australienne, dans le cadre de ce qui a été décrit comme des « arrangements bilatéraux ». Selon M. Marape, il s’agit d’un investissement à la fois dans le matériel et dans le développement des compétences nécessaires pour assurer une surveillance efficace des frontières et la protection du territoire national.
L’Australie considère la Papouasie-Nouvelle-Guinée comme un partenaire fondamental. Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a salué l’approbation formelle du traité par le cabinet papouan, affirmant que cette alliance renforcerait considérablement les liens entre les deux nations. Il avait été critiqué le mois dernier pour ne pas avoir pu signer l’accord lors de sa visite à Port Moresby pour les célébrations du 50e anniversaire de l’indépendance de la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les deux pays avaient alors signé un simple communiqué en raison d’un manque de quorum au sein du cabinet papouan.
« Maintenant, ce traité élève notre relation au plus haut niveau, où les synergies de force et le développement de la capacité pour l’interopérabilité sont atteints. »
James Marape, Premier ministre de Papouasie-Nouvelle-Guinée
La signature de ce traité intervient après des tensions régionales, notamment des inquiétudes concernant l’influence croissante de la Chine dans le Pacifique. L’ambassade chinoise en Papouasie-Nouvelle-Guinée avait mis en garde le pays contre toute entente qui pourrait compromettre son indépendance, exhortant à une gestion prudente de ses intérêts souverains. M. Marape avait alors réaffirmé que son pays était une démocratie et non une « dictature militaire », soulignant la nécessité d’un consensus au sein du cabinet.
Malgré l’approbation du traité, des voix critiques se sont élevées en Papouasie-Nouvelle-Guinée. L’ancien commandant des Forces de défense de Papouasie-Nouvelle-Guinée, Jerry Singirok, a exprimé des inquiétudes quant aux implications à long terme de l’accord, avertissant qu’il pourrait avoir un coût élevé pour le pays. Il a déclaré à Pacific Beat que l’Australie considérait la Chine comme une menace potentielle, mais que celle-ci n’était pas l’ennemie de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Ce retard dans la signature du traité Pukpuk fait suite à un autre épisode similaire, où M. Albanese n’a pas pu signer l’accord de Nakamal avec le Vanuatu. Cet accord, d’une valeur d’environ 500 millions de dollars australiens, visait à renforcer la coopération entre l’Australie et le Vanuatu dans les domaines du climat, de la sécurité et du développement économique. Le ministre de la Défense, Richard Marles, a qualifié cet accord de « difficile et délicat », mais a exprimé son optimisme quant à sa conclusion prochaine.
