Le ministre français de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a officialisé jeudi l’adhésion de la France au Square Kilometre Array Observatory (SKAO). En devenant le 14e État membre de ce projet de radiotélescope géant, la France participe à une mission scientifique visant à révolutionner l’astronomie mondiale d’ici 2030.
L’officialisation de la 14e nation membre

Une architecture répartie sur deux continents

- SKA-Mid : Un réseau de 197 antennes paraboliques classiques implantées dans la région du Karoo, en Afrique du Sud. Les antennes les plus éloignées de ce réseau seront séparées par une distance de 150 km.
- SKA-Low : Un ensemble massif de 131 072 antennes plus petites, en forme d’arbres, localisées en Australie Occidentale, avec un étalement de 74 km entre les points les plus distants.
Une précision d’image décuplée pour l’étude du cosmos
L’objectif de cette infrastructure est de franchir un cap technologique majeur pour comprendre les mécanismes les plus profonds de l’Univers. Les chercheurs comptent sur ces outils pour étudier le fonctionnement interne des galaxies, analyser les environnements extrêmes entourant les trous noirs et suivre la trajectoire des ondes gravitationnelles. Pour Benjamin Magnelli, astrophysicien au CEA Paris-Saclay, l’arrivée de ces technologies va permettre un saut qualitatif sans précédent. L’astrophysicien estime que l’onva faire un saut extrêmepar rapport aux capacités actuelles.
“On va pouvoir détecter des sources extra-galactiques ou galactiques jusqu’à 10 fois, 100 fois plus faibles que ce qu’on peut faire actuellement” avec une précision d’image presque 5 à 10 fois meilleure que les observations actuelles.
Le rôle stratégique de l’expertise française
Au-delà de l’apport financier, la France entend jouer un rôle de premier plan grâce à ses capacités technologiques. Le projet SKAO s’appuiera sur certains des supercalculateurs les plus rapides au monde pour traiter les volumes de données astronomiques qui seront générés. Cette capacité de traitement est un argument de poids pour le consortium. Filippo Zerbi, président du conseil du SKAO, souligne que l’expertise française en calcul intensif fait du pays un partenaire inestimable pour la suite du projet.“Outre un héritage national d’excellence en astronomie qui s’étend sur plusieurs siècles, l’expertise des institutions françaises en calcul intensif au service des grands projets scientifiques fait de la France un partenaire inestimable, alors que le SKAO progresse vers ses premières opérations scientifiques dans les prochains mois.

