Publié le 9 décembre 2025 06:16:00. À la veille d’un vote parlementaire crucial et avant le début de sa tournée dans les librairies françaises, l’ancien président Nicolas Sarkozy revient au cœur du débat politique avec la publication de son récit carcéral, un ouvrage qui relance les clivages à droite et ouvre des perspectives de recomposition.
- Le livre, écrit à la main en prison, relate les 20 jours d’incarcération de Nicolas Sarkozy et son expérience à la maison d’arrêt de la Santé.
- Sarkozy évoque une redécouverte de la foi et une réflexion sur l’injustice, tout en partageant des détails sur son quotidien en détention.
- L’ancien chef de l’État révèle avoir reçu le soutien de Marine Le Pen et affirmer qu’il ne rejoindra pas le « front républicain » anti-Rassemblement National.
Le récit de Nicolas Sarkozy, intitulé Journal d’un prisonnier et publié aux éditions Fayard, s’inscrit dans un contexte politique particulièrement sensible. Condamné définitivement dans l’affaire Bygmalion, l’ancien président a passé vingt jours en prison, une expérience qu’il décrit avec une grande précision. L’ouvrage, écrit « avec un stylo Bic sur une table en contreplaqué », dresse un portrait de la vie carcérale, des repas simples composés de « produits laitiers, barres de céréales, eau minérale, jus de pomme et quelques friandises » à l’isolement et à la monotonie du quotidien. Sarkozy témoigne également d’une profonde introspection spirituelle : « Je me suis agenouillé, et je suis resté ainsi de longues minutes, pour avoir la force de porter la croix de cette injustice. Et si la prière était le moyen de résister ? J’ai décidé de le parcourir autant de fois que nécessaire. »
L’ancien président relate également une rencontre avec Emmanuel Macron, quatre jours avant son entrée en prison. « Le président venait de se rendre compte que j’allais en prison quatre jours plus tard. Il semblait véritablement troublé, voire choqué par cette perspective. Il a réagi avec une énergie impressionnante, qui m’a plu mais qui m’a semblé aussi trop tard et surtout déroutante. Son inquiétude concernait principalement ma sécurité. Il était temps ! Il m’a rappelé le lendemain pour me dire que je devais changer d’établissement. Je lui ai dit que je n’accepterais aucun traitement préférentiel, tout changement susciterait une controverse. »
Au-delà du récit personnel, le livre prend une dimension politique notable. Sarkozy affirme avoir apprécié la « solidarité reçue de Marine Le Pen » et indique l’avoir remerciée par téléphone. Il révèle que la présidente du Rassemblement National lui a demandé s’il « rejoindra le front républicain ». « Ma réponse a été sans équivoque : “Non, et je le revendiquerai publiquement” », a-t-il déclaré. Cette position ouvre la voie à une possible union de la droite allant de ses gaullistes à Marine Le Pen, en passant par le parti d’Éric Zemmour, une perspective qui pourrait influencer le vote sur la sécurité sociale prévu ce soir et potentiellement fragiliser le gouvernement actuel.
Sarkozy a précisé qu’il avait écrit le livre d’une seule traite et qu’il avait demandé à son épouse, Carla Bruni, et à ses avocats de le relire afin d’éliminer certains passages trop incisifs. Après un pèlerinage à Lourdes, où il a été accueilli chaleureusement, l’ancien président conclut son récit en affirmant avoir « recommencé sa vie » en prison.
