Publié le 10 décembre 2025 08:27:00. Un homme du Michigan est décédé des suites de la rage après avoir reçu un rein d’un donneur infecté, un événement rarissime qui souligne les défis du dépistage des maladies transmissibles en transplantation.
- Un patient a succombé à la rage après une greffe de rein.
- Le donneur avait été égratigné par une mouffette quelques semaines avant son décès.
- Trois autres patients ayant reçu des cornées du même donneur ont reçu un traitement préventif.
Les autorités sanitaires américaines ont confirmé un cas exceptionnel de transmission de la rage par une transplantation d’organe. Le patient, originaire du Michigan, a reçu un rein en décembre 2024 dans un hôpital de l’Ohio et a commencé à présenter des symptômes inquiétants, notamment des tremblements, une faiblesse des jambes, de la confusion et une incontinence urinaire, environ cinq semaines après l’intervention. Son état s’est rapidement détérioré, le contraignant à être placé sous assistance respiratoire avant de décéder.
L’enquête a révélé que le donneur, un homme de l’Idaho, avait signalé une égratignure causée par une mouffette sur le formulaire de don. Sa famille a précisé qu’il avait été confronté à une mouffette agressive alors qu’il tenait un chaton dans un hangar. L’homme avait réussi à chasser l’animal, mais avait subi une égratignure au mollet qui, bien que saignante, n’avait pas été considérée comme une morsure potentiellement dangereuse. Quelques semaines plus tard, le donneur a lui-même développé des symptômes neurologiques – confusion, difficultés à avaler et à marcher, hallucinations et raideur de la nuque – avant de s’effondrer et de décéder après un arrêt cardiaque. Il avait été déclaré en état de mort cérébrale après quelques jours.
Les premiers tests effectués sur le donneur n’avaient pas détecté la présence du virus de la rage. Cependant, une analyse plus approfondie des tissus rénaux, réalisée après que la rage ait été suspectée chez le receveur, a confirmé l’infection. Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), l’agence fédérale américaine de santé publique, ont établi une « chaîne de transmission en trois étapes » : une chauve-souris aurait infecté la mouffette, qui aurait ensuite transmis le virus au donneur, lequel l’aurait propagé par la transplantation du rein.
Il s’agit du quatrième cas de transmission de la rage par une transplantation d’organe recensé aux États-Unis depuis 1978. Les autorités sanitaires soulignent que le risque de telles transmissions reste extrêmement faible. Néanmoins, cet événement a conduit à la réévaluation des protocoles de dépistage et à la mise en place de mesures préventives. Trois autres patients ayant reçu des greffons de cornée du même donneur ont été identifiés et ont immédiatement reçu un traitement post-exposition pour prévenir l’infection. À ce jour, aucun d’entre eux n’a développé de symptômes.
Les CDC insistent sur l’importance des informations fournies par les familles concernant les expositions potentielles des donneurs à des maladies infectieuses. La rage n’est généralement pas incluse dans les tests de routine en raison de sa rareté et de la complexité de son diagnostic.
« Il s’agit d’un événement exceptionnellement rare et, dans l’ensemble, le risque est exceptionnellement faible. »
Dr. Lara Danziger-Isakov, directrice des maladies infectieuses au centre médical de l’hôpital pour enfants de Cincinnati
Cet incident souligne la nécessité d’une vigilance accrue et d’une collaboration étroite entre les professionnels de la santé et les familles de donneurs pour garantir la sécurité des transplantations d’organes.
