Washington – Le FBI a ouvert une enquête concernant six élus démocrates, anciens militaires ou anciens responsables du renseignement, après qu’ils ont appelé les membres des forces armées à désobéir à d’éventuels ordres jugés illégaux émanant de l’administration Trump. Cette initiative a suscité une vive réaction de l’ancien président, qui a dénoncé un acte de « trahison ».
L’enquête du FBI, confirmée le 25 octobre par un responsable du ministère de la Justice, vise à déterminer si une activité illégale a été commise. Les élus concernés avaient publié une vidéo la semaine précédente, exhortant les militaires et les agents du renseignement à privilégier le respect de la Constitution américaine et à refuser d’exécuter des ordres qu’ils estimeraient contraires à la loi.
Parmi les signataires de cet appel figurent la sénatrice Elissa Slotkin, ancienne analyste de la CIA et vétérane de la guerre en Irak, ainsi que le sénateur Mark Kelly, ancien astronaute et vétéran de la Marine. Les représentants Jason Crow, Maggie Goodlander, Chris Deluzio et Chrissy Houlahan ont également participé à cette initiative.
Donald Trump n’a pas tardé à réagir, qualifiant les six élus de « traîtres » et affirmant que leurs actions étaient passibles de la peine de mort : « C’est un acte de trahison qui mérite la peine capitale ! »
Le ministère de la Défense a également annoncé, le 24 octobre, qu’il enquêterait sur le représentant Kelly pour de « graves manquements ». Il a averti qu’il pourrait être rappelé au service actif et poursuivi en vertu du Code uniforme de justice militaire pour sédition.
Selon une note interne rendue publique jeudi, le secrétaire à la Défense, Hegseth, a informé le secrétaire à la Marine des « déclarations potentiellement illégales » de Kelly dans la vidéo. Il a demandé un rapport détaillé sur les conclusions de cette enquête d’ici le 10 décembre.
Les législateurs démocrates ont dénoncé la décision du FBI dans un communiqué publié mercredi, la qualifiant de tentative d’intimidation de la part de l’administration Trump pour les réduire au silence.
Bien que la vidéo ne mentionne aucun « ordre illégal » spécifique, les élus semblent faire référence à des actions récentes de l’administration Trump, telles que le déploiement de la Garde nationale dans certaines villes américaines et les opérations menées contre des navires suspectés de trafic de drogue en Amérique latine.
La loi américaine ne prévoit pas de sanctions pour sédition à l’encontre de civils, mais le crime de « sédition et de complot » est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison. Plusieurs participants à l’attaque du Capitole américain du 6 janvier 2021, partisans de Donald Trump, ont été reconnus coupables de ce chef d’accusation avant de bénéficier d’une grâce présidentielle.
En revanche, le Code uniforme de justice militaire prévoit des sanctions pour sédition à l’encontre des militaires, pouvant aller jusqu’à la peine de mort.
