Publié le 12 décembre 2025 à 12h04. L’Australie a pris des mesures radicales en interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, une décision motivée par une inquiétante augmentation des troubles mentaux chez les adolescents, que certains experts attribuent à l’omniprésence des smartphones.
- Une hausse significative de l’anxiété, de la dépression et de l’automutilation a été constatée chez les adolescents dans plusieurs pays depuis 2012.
- Le psychologue Jonathon Haidt pointe du doigt l’essor des smartphones comme facteur déterminant dans cette détérioration de la santé mentale.
- L’Australie est le premier pays à adopter une législation interdisant aux enfants de moins de 16 ans l’accès à des plateformes comme Instagram, Facebook, TikTok et X.
Une tendance alarmante se confirme : depuis 2012, les taux d’anxiété, de dépression et d’automutilation chez les adolescents augmentent de manière constante à travers le monde. Les États-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les pays scandinaves et l’Europe du Nord sont particulièrement touchés. Cette situation préoccupante a conduit les autorités australiennes à prendre des mesures sans précédent.
Le psychologue Jonathon Haidt a récemment mis en évidence un lien possible entre cette crise de santé mentale et l’utilisation massive des smartphones par les jeunes. Il décrit ce phénomène comme un « grand recâblage de l’enfance », soulignant l’impact profond de ces technologies sur le développement psychologique des adolescents. On observe partout, dans les gares, les écoles et même les salles de sport, des enfants et des adultes adoptant une posture caractéristique, la tête penchée et les yeux rivés sur un écran.
Selon Haidt, les algorithmes puissants qui alimentent nos applications numériques ont tendance à amplifier les sentiments de peur. Il prend l’exemple personnel de son téléphone, inondé d’images de requins géants, bien qu’il soit passionné par l’océan. Si la peur est un instinct de survie ancestral, l’intelligence émotionnelle a permis à nos ancêtres de surmonter leurs appréhensions en développant le courage et en s’unissant face au danger. La solidarité, la communauté et le sentiment d’appartenance sont nés de cette capacité à agir collectivement.
C’est dans cette optique que le gouvernement australien a introduit cette semaine une législation révolutionnaire interdisant l’accès aux réseaux sociaux (Instagram, Facebook, X, TikTok et autres) aux enfants de moins de 16 ans. Cette mesure, bien que controversée, a rencontré un large soutien tant au sein de la classe politique que de l’opinion publique, perçue comme un acte de protection collective envers la jeunesse.
« Cette interdiction pourrait être l’antidote à l’une des plus grandes expériences sociales de notre époque sur nos jeunes. »
Julie Inman Grant, commissaire australienne à la sécurité électronique
Des psychologues, des psychiatres et de nombreux parents endeuillés ont été à l’origine de cette initiative législative. Le gouvernement australien reconnaît qu’il existera des moyens de contourner cette interdiction, mais la considère comme un premier pas essentiel dans une lutte de longue haleine pour protéger les enfants.
Au-delà de la législation, l’importance de l’activité physique et des interactions sociales réelles est soulignée. L’auteur de l’article relate son expérience d’entraîneur d’une équipe de rugby des moins de 16 ans, constatant que le simple fait de jouer au ballon permettait aux jeunes de se déconnecter de leurs préoccupations et de se concentrer sur le moment présent. Ces moments de contact physique, de mouvement et de rire procuraient un sentiment de bien-être et un apaisement mental, à l’opposé de l’effet néfaste du « doomscrolling » (défilement incessant de mauvaises nouvelles).
L’auteur souligne que ces jeunes ont besoin de notre soutien, de notre sagesse et de notre protection, d’autant plus qu’ils sont confrontés à des défis inédits liés à la technologie et à l’intelligence artificielle. Il rappelle que l’Irlande, dont l’économie est fortement dépendante des grandes entreprises technologiques, doit veiller à ne pas sacrifier le bien-être de ses enfants sur l’autel des intérêts économiques. L’Irlande pourrait-elle suivre l’exemple australien et interdire l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans ?
L’Irlande doit agir pour protéger ses enfants en adoptant une législation similaire, afin de les prémunir contre les dangers que représentent les applications numériques pour leur santé mentale et émotionnelle.
