Publié le 13 juillet 2024 à 18h45. La Cour suprême de justice du Mexique a annulé une réforme controversée dans l’État de Campeche qui centralisait le pouvoir d’octroi des permis de construire entre les mains du gouvernement local, au détriment des municipalités.
- La Cour suprême a jugé que la réforme violait l’autonomie municipale garantie par la Constitution fédérale.
- L’annulation porte sur des articles spécifiques de la loi sur les travaux publics de Campeche.
- La décision réaffirme le droit des municipalités à réglementer les constructions sur leur territoire.
La plus haute instance judiciaire mexicaine a invalidé mardi une réforme adoptée par le Congrès de Campeche qui retirait aux 13 municipalités de l’État le pouvoir d’accorder des permis de construire pour les projets considérés comme d’« intérêt national et de grand impact ». Ces pouvoirs étaient concentrés entre les mains de la gouverneure, Layda Sansores San Román. La décision, prise à l’unanimité, fait suite à une action d’inconstitutionnalité intentée par la municipalité de Campeche.
Selon la Cour, la réforme empiétait sur l’autonomie des municipalités, un principe constitutionnel fondamental. Le ministre Irving Espinosa Betanzos, dont le projet a été approuvé, a souligné que le Congrès de Campeche avait indûment transféré à l’exécutif un pouvoir qui appartient aux municipalités.
« En exemptant de l’obligation d’obtenir un permis de construire pour l’exécution de travaux publics d’intérêt étatique de grand impact, le Congrès de Campeche a transféré à l’Exécutif un pouvoir que la Constitution établit en faveur des municipalités, les empêchant d’exercer leur pouvoir de réglementer et de contrôler les constructions sur leur territoire. »
Hugo Aguilar Ortiz, président du Tribunal
Le Tribunal a invalidé l’article 14 Bis et la deuxième clause transitoire de la Loi des Travaux Publics de Campeche, les déclarant inconstitutionnels. Cependant, il a validé l’article 2, dernier alinéa, le considérant comme une simple disposition organisationnelle sans incidence sur les pouvoirs des municipalités.
Le président du Tribunal, Hugo Aguilar Ortiz, a insisté sur l’importance de respecter la répartition des pouvoirs et la coordination entre les différents niveaux de gouvernement. Il a estimé qu’il est rare qu’un projet d’intérêt national ne soit pas également d’intérêt municipal.
« Cela ne correspond pas à ma pensée qu’il existe une œuvre d’intérêt étatique de grand impact qui n’est pas d’intérêt municipal. Je crois que ce qui se pose est la nécessité d’une coordination adéquate entre les niveaux de gouvernement pour atteindre un objectif de grande envergure, comme celui proposé, pour que ces œuvres d’intérêt étatique et de grand impact puissent être comprises. »
Hugo Aguilar Ortiz, président du Tribunal
Cette décision de la Cour suprême réaffirme l’importance de l’autonomie locale et de la nécessité d’une collaboration harmonieuse entre les municipalités et le gouvernement de l’État dans la planification et la réalisation des projets d’infrastructure.
