Publié le 11 décembre 2025 à 02h25. Une vive altercation a éclaté au Sénat mexicain lors du débat sur l’interdiction des cigarettes électroniques, ravivant les tensions entre des sénateurs issus de différents partis et révélant des rancœurs personnelles liées à des changements d’allégeance politique.
- Le débat sur l’interdiction des vapoteurs a été le théâtre d’échanges acerbes entre Miguel Ángel Yunes Márquez (Morena) et Marko Cortés Mendoza (PAN).
- Les accusations ont porté sur l’achat de voix et la cooptation de sénateurs par le parti Morena pour obtenir une majorité qualifiée.
- Yunes Márquez a vivement critiqué Cortés Mendoza, le qualifiant de « misérable » et remettant en question son leadership passé au sein du PAN.
La discussion, initialement centrée sur la proposition d’interdire les dispositifs de vapotage, a rapidement dégénéré en un affrontement personnel entre Miguel Ángel Yunes Márquez et Marko Cortés Mendoza. Cortés Mendoza a ouvert les hostilités en dénonçant ce qu’il considère comme une manipulation de la majorité parlementaire par Morena, estimant que le parti au pouvoir n’a pas obtenu le soutien populaire nécessaire lors des dernières élections.
« Ils abusent de la majorité qu’ils ont achetée et des sénateurs qu’ils ont cooptés avec des mandats d’arrêt et de l’argent. »
Marko Cortés Mendoza, sénateur du PAN
Ces accusations visaient clairement Yunes Márquez, qui a ensuite pris la parole pour défendre sa position sur l’interdiction des vapoteurs et en profiter pour régler ses comptes avec son ancien camarade de parti. Il a accusé Cortés Mendoza de manquer de courage et de mémoire, lui rappelant son rôle dans le développement du PAN à Veracruz.
« J’ai quelque chose qui leur manque, j’ai du courage et du caractère. Ce misérable, qui il y a quelques minutes s’est tenu sur l’estrade avec un discours lâche en voulant relancer la campagne contre moi, et en plus de manquer de courage, il manque de mémoire. »
Miguel Ángel Yunes Márquez, sénateur de Morena
Yunes Márquez a affirmé que les Yunès avaient apporté un soutien crucial au PAN à Veracruz, lui permettant d’obtenir sept millions de voix en vingt ans. Il a également accusé Cortés Mendoza et ses alliés d’avoir profité de ce soutien pour accéder à des postes de pouvoir sans le mériter.
Yunes Márquez a défendu son choix de soutenir la présidente Claudia Sheinbaum et de voter en faveur de la réforme judiciaire, affirmant qu’il ne regrettait pas sa décision. Il a déclaré avoir été silencieux face aux attaques orchestrées contre lui par d’anciens compagnons de parti, mais qu’il était désormais déterminé à continuer à voter en accord avec ses convictions.
La présidente du Sénat, Laura Itzel-Castillo, a été contrainte d’intervenir à plusieurs reprises pour rappeler Yunes Márquez à l’ordre et l’inviter à se concentrer sur le sujet du débat. Cependant, l’ex-membre du PAN a continué à exprimer ses griefs, jusqu’à ce que son micro soit coupé.
Cortés Mendoza a réagi en qualifiant Yunes Márquez de traître et en dénonçant son cynisme et son manque d’honneur. Il a souligné que le soutien de Morena avait été obtenu grâce à des pressions et à des offres d’argent, au détriment des principes et des engagements pris par les sénateurs de l’opposition.
« Je respecte celui qui est venu ici avec le vote de Morena, du PT et des Verts, eh bien, ils sont venus avec cette force, mais ceux qui sont venus avec l’opposition ont voté, après avoir signé une plateforme politique, un engagement institutionnel pour venir défendre les contrepoids, les équilibres des pouvoirs. (…) Mais qu’a-t-il gagné ? Les mandats d’arrêt – et nous le savons très bien – contre la famille. »
Marko Cortés Mendoza, sénateur du PAN
Ce débat houleux intervient dans un contexte de tensions politiques croissantes au Mexique, notamment autour de la réforme judiciaire et de la politique économique du gouvernement. Le Sénat a récemment approuvé une augmentation des tarifs douaniers sur les produits asiatiques, une décision qui a également suscité de vives critiques de la part de l’opposition.
L’interdiction du vapotage a été approuvée en commission sans modification, prévoyant des peines pouvant aller jusqu’à huit ans de prison pour les vendeurs.
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