Publié le 24 septembre 2025. Face à la multiplication des catastrophes naturelles, la Californie renforce son dispositif d’assurance habitation de dernier recours, le plan FAIR, pour éviter une crise financière et garantir la couverture des propriétaires les plus à risque.
- Le gouverneur Gavin Newsom a signé une loi permettant au plan FAIR d’emprunter des fonds garantis par l’État et d’étaler le paiement des sinistres.
- Un sauvetage d’un milliard de dollars (environ 930 millions d’euros) a été nécessaire après les incendies de forêt de Los Angeles, une partie de ce coût étant répercutée sur tous les assurés.
- Une autre loi élargit le conseil d’administration du plan FAIR avec l’ajout de représentants de l’Assemblée législative.
La Californie est confrontée à une crise de l’assurance habitation exacerbée par le changement climatique et la multiplication des incendies de forêt. Plusieurs grandes compagnies d’assurance ont restreint leurs activités dans l’État en 2023, poussant des centaines de milliers de propriétaires à se tourner vers le plan FAIR (Fair Access to Insurance Requirements), un mécanisme d’assurance d’urgence destiné aux personnes qui ne peuvent obtenir de couverture privée en raison du risque élevé associé à leur propriété.
Le nombre de polices d’assurance habitation relevant du plan FAIR a explosé, atteignant près de 600 000 en juin dernier. Ce dispositif, initialement conçu comme une solution temporaire, est devenu une nécessité pour de nombreux Californiens. Cependant, sa solvabilité est désormais compromise. Les dirigeants du plan avaient averti les législateurs qu’il pourrait devenir insolvable après une catastrophe majeure.
Cette crainte s’est confirmée plus tôt cette année, après les incendies dévastateurs qui ont ravagé Los Angeles, détruisant plus de 17 000 structures. Le plan FAIR a subi une perte d’environ 4 milliards de dollars (environ 3,7 milliards d’euros) et a dû être secouru par un milliard de dollars provenant des assureurs privés. La moitié de ce montant sera répercutée sur l’ensemble des assurés californiens.
La nouvelle loi signée par le gouverneur Newsom permet au plan FAIR de contracter des prêts et d’émettre des obligations garanties par l’État. Elle autorise également l’étalement du paiement des sinistres sur plusieurs années après une catastrophe, alors que les compagnies d’assurance étaient auparavant tenues de régler intégralement le plan de sauvetage dans un délai de 30 jours. Les défenseurs de cette mesure estiment qu’elle permettra d’éviter de futurs plans de sauvetage et de limiter l’augmentation des primes d’assurance.
« Les tempêtes de feu alimentées par le climat, comme celles que nous avons connues en janvier, ne feront que s’aggraver avec le temps. C’est pourquoi nous agissons dès maintenant pour renforcer le marché de l’assurance californien et le rendre plus résilient face à la crise climatique. »
Gavin Newsom, gouverneur de Californie
La sénatrice républicaine Marie Alvarado-Gil a salué cette initiative comme une étape positive pour stabiliser le plan FAIR.
« Ce projet de loi ne résout pas tous les problèmes, mais il contribue à garantir que les clients du plan FAIR peuvent compter sur une couverture au moment où ils en ont le plus besoin. »
Marie Alvarado-Gil, sénatrice de l’État
Parallèlement, une autre loi a été adoptée pour élargir le conseil d’administration du plan FAIR, qui était jusqu’alors composé de neuf assureurs disposant du droit de vote et de quatre membres sans droit de vote nommés par le gouverneur. La nouvelle loi ajoute deux représentants de l’Assemblée législative, également sans droit de vote. Les partisans de cette mesure estiment qu’elle renforcera la surveillance et la transparence du plan, tandis que les opposants doutent de son efficacité, compte tenu du manque de pouvoir décisionnel des nouveaux membres.
La Californie s’efforce depuis plusieurs années de stabiliser son marché de l’assurance. L’État a récemment donné aux assureurs plus de latitude pour augmenter les primes, à condition qu’ils émettent davantage de polices dans les zones à haut risque. Cela inclut la possibilité de prendre en compte le changement climatique dans la fixation des prix et de répercuter les coûts de la réassurance sur les consommateurs.
Selon le Département californien des forêts et de la protection contre les incendies, 15 des 20 incendies de forêt les plus destructeurs de l’histoire de l’État se sont produits depuis 2015, témoignant de l’aggravation du risque lié au changement climatique.
