Publié le 2025-12-01 13:32:00. Une mécanicienne aéronautique de la Force aérienne chilienne a porté plainte pour harcèlement sexuel et professionnel après avoir été sanctionnée pour avoir alerté directement le Contrôleur Général de la République, une démarche perçue comme une représaille par l’institution.
- Une mécanicienne de la FACh a été sanctionnée après avoir dénoncé du harcèlement à son supérieur et au Contrôleur Général.
- Elle a déposé un recours en protection devant la Cour d’appel d’Antofagasta, estimant que ses droits constitutionnels ont été violés.
- L’affaire révèle des accusations de harcèlement sexuel impliquant un haut gradé de l’armée de l’air.
Une mécanicienne aéronautique de la Force aérienne chilienne (FACh) se retrouve au cœur d’une affaire de harcèlement et de représailles. Après avoir dénoncé des agissements de harcèlement sexuel et professionnel, la sous-caporal JSMB a écopé d’une sanction de deux jours d’arrestation militaire. La sanction a été prononcée après qu’elle ait exposé sa situation directement au Contrôleur Général de la République, une démarche inhabituelle qui a visiblement irrité ses supérieurs.
L’affaire a débuté le 4 juin 2025, lorsque la fonctionnaire a signalé à son supérieur hiérarchique avoir été victime de harcèlement de la part de ses supérieurs. Selon les informations recueillies par l’Unité d’investigation Bio Bio, elle a décrit des années de remarques désobligeantes et de pressions concernant son apparence, notamment sa coiffure et son uniforme. Elle a également accusé un supérieur de lui tirer les cheveux et de la taquiner, lui lançant des phrases comme :
« Elle pense qu’elle est Mon beau génie. Comment vas-tu avec la moña ? »
JSMB, plaignante
Les accusations les plus graves concernent l’actuel commandant en chef de la IIe Brigade Aérienne et commandant de la Garnison Générale Aérienne de Santiago. La mécanicienne affirme qu’il a fait des commentaires « obscènes et morbides » à son sujet après l’avoir aperçue sur les lieux de la Cinquième Brigade Aérienne d’Antofagasta. Elle aurait appris le contenu de ces remarques grâce à un collègue de service, qui a ensuite nié les faits lors d’une enquête interne. Le haut gradé a également réfuté les accusations.
La situation s’est envenimée lorsque, le 23 juin 2022, la fonctionnaire a reçu une sanction pour avoir publié une photo d’elle en uniforme FACh n°2 sur son profil Instagram. Cette mesure disciplinaire, selon elle, a été prise en secret et constitue une nouvelle forme de représailles.
Face à l’absence de réaction de sa hiérarchie, la sous-caporal JSMB a décidé de saisir le Bureau du Contrôleur, déposant une requête le 2 juillet. L’institution a alors demandé à la FACh de rendre des comptes. Ironiquement, dix jours avant de fournir une réponse officielle, la FACh a opéré un revirement, décidant d’ouvrir une enquête administrative sommaire, initialement jugée infondée. L’institution a reconnu ce changement d’attitude dans son rapport à la Cour.
Le 11 juillet, la FACh a demandé à la mécanicienne de justifier pourquoi elle n’avait pas suivi la procédure interne avant de contacter le Contrôleur Général. Elle a répondu qu’elle avait contourné la procédure car elle avait été informée qu’aucune enquête ne serait menée suite à son rapport initial. Le 29 juillet, elle a finalement été punie de deux jours d’arrestation militaire avec service complet, pour « violation de la voie régulière » et « délit contre la discipline ».
La mécanicienne a immédiatement contesté cette sanction devant la Cour d’appel d’Antofagasta, déposant un recours en protection le 15 octobre. L’audience finale est prévue ce mardi 2 décembre, où elle sera confrontée à Alfredo Larraeta Granger, l’avocat fiscal du Conseil de Défense de l’État, qui représente les intérêts de l’armée de l’air. De plus, une nouvelle sanction de quatre jours d’arrestation militaire a été infligée à la fonctionnaire pour une publication sur son compte Instagram, antérieure à la plainte, jugée préjudiciable à l’image de l’institution. Ce nouveau contexte a également été porté à l’attention du tribunal.
