Publié le 8 décembre 2025 à 20h48. L’opposante vénézuélienne María Corina Machado a présenté à l’administration Trump un plan détaillé pour une transition post-Maduro, révélant une préparation plus poussée que ne le pensaient les États-Unis. Malgré les tensions, une conversation téléphonique cordiale a eu lieu en novembre entre Donald Trump et Nicolás Maduro.
- María Corina Machado prévoit la mise en place de forces de stabilisation dans les 100 premières heures suivant le départ de Maduro.
- Son équipe a analysé l’armée vénézuélienne et estime qu’une purge limitée serait suffisante, touchant seulement 20 % des officiers.
- Machado assistera personnellement à la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix à Oslo le 10 décembre.
Selon des documents internes du gouvernement américain révélés par le Washington Post, l’opposante vénézuélienne María Corina Machado et son équipe ont élaboré un plan de transition politique pour le Venezuela après le départ de Nicolás Maduro. Ce plan, qui n’a pas été entièrement partagé avec l’administration Trump pour des raisons de sécurité, prévoit une stratégie en deux phases : une stabilisation rapide du pays suivie d’élections libres et transparentes.
Le plan de Machado détaille la création de forces de sécurité chargées de stabiliser le Venezuela dans les 100 premières heures suivant la chute de Maduro, puis dans les 100 premiers jours. L’organisation d’élections est prévue au cours de la première année suivant la transition. Les responsables américains, interrogés par le Washington Post, ont reconnu que l’équipe de l’opposition était « plus préparée qu’on ne le croyait ».
L’analyse de l’armée vénézuélienne, menée par l’équipe de Machado, suggère qu’une purge massive ne serait pas nécessaire. Selon leurs estimations, seulement 20 % des officiers sont considérés comme irrécupérables dans leur soutien à Maduro, tandis que les 80 % restants seraient soit opposés au régime, soit neutres.
L’administration Trump, qui ne reconnaît pas la légitimité de Maduro et l’accuse d’être à la tête d’un réseau de trafic de drogue, a renforcé sa présence militaire dans la mer des Caraïbes. Elle affirme avoir détruit une vingtaine de navires impliqués dans le trafic de stupéfiants et tué plus de 80 personnes, tout en menaçant de lancer des attaques sur le territoire vénézuélien « prochainement ».
Malgré cette posture ferme, une surprise a été révélée : Donald Trump et Nicolás Maduro ont eu une conversation téléphonique en novembre. Selon des sources proches du dossier, cet échange aurait été cordial. Lors de cet appel, le président américain aurait exprimé son souhait de voir Maduro quitter le pouvoir, sans toutefois poser d’ultimatum. Les deux hommes se sont engagés à maintenir le contact à l’avenir.
Parallèlement, l’Institut Nobel norvégien a confirmé que María Corina Machado assistera en personne à la cérémonie de remise du prix Nobel de la paix à Oslo le 10 décembre. « Nous lui avons parlé hier soir et elle nous a dit qu’elle serait à Oslo », a déclaré Erik Aasheim, responsable de la communication de l’Institut Nobel, à l’agence EFE. L’institution a précisé qu’elle ne pouvait fournir d’autres détails sur le voyage de Machado pour des raisons de sécurité.
Plusieurs dirigeants latino-américains ont annoncé leur intention d’accompagner Machado à Oslo. Le président du Paraguay, Santiago Peña, ainsi que les présidents du Panama, José Raúl Mulino, et de l’Équateur, Daniel Noboa, devraient être présents. L’opposant vénézuélien Edmundo González Urrutia, exilé en Espagne et candidat face à Maduro lors des élections de juillet 2024, devrait également assister à la cérémonie.
María Corina Machado s’est vue décerner le prix Nobel de la paix 2025 « pour son travail acharné en faveur des droits démocratiques » du peuple vénézuélien et pour sa lutte visant à parvenir à une transition juste et pacifique de la dictature vers la démocratie, selon l’annonce faite par le Comité Nobel norvégien le 10 octobre.
María Corina Machado Photo:Capture d’écran
