Publié le 5 novembre 2025 à 02h49. Des chercheurs chinois ont mis au point une nouvelle approche pour détruire les cellules cancéreuses en stimulant le système immunitaire grâce à des nanosphères de césium biodégradables, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies d’immunothérapie.
- Ces nanosphères, agissant comme un « cheval de Troie », pénètrent dans les cellules tumorales et provoquent leur destruction par un processus appelé pyroptose.
- L’ajout d’acide docosahexaénoïque (DHA) renforce cet effet destructeur et déclenche un autre mécanisme, la ferroptose, pour une action synergique.
- Les expériences in vitro et in vivo confirment l’efficacité de ces nanosphères pour inhiber la croissance tumorale et empêcher la propagation du cancer (métastases).
Une équipe de l’Institut de chimie appliquée de Changchun, relevant de l’Académie chinoise des sciences, a développé une stratégie innovante pour concevoir ces nanosphères de césium. Leur particularité réside dans leur capacité à activer les défenses immunitaires de l’organisme contre les tumeurs, en induisant une forme de mort cellulaire programmée appelée pyroptose, ainsi qu’en modifiant le métabolisme des cellules cancéreuses.
Le mécanisme d’action repose sur l’endocytose ionique, un processus par lequel les nanosphères pénètrent dans les cellules tumorales, perturbant l’équilibre ionique interne. Cette perturbation entraîne une augmentation de la pression osmotique, conduisant à la rupture de la cellule et à la libération de signaux d’alerte, appelés modèles moléculaires associés aux dommages (DAMP). Ces DAMP activent ensuite le système immunitaire, déclenchant une réponse anti-tumorale.
Les ions césium (Cs+) présents dans les nanosphères jouent également un rôle crucial en inhibant l’activité des cotransporteurs sodium/glucose, des protéines qui facilitent l’absorption du glucose par les cellules cancéreuses. En bloquant ce processus, les nanosphères privent les cellules tumorales d’une source d’énergie essentielle, affaiblissant ainsi leur capacité à proliférer.
L’ajout d’acide docosahexaénoïque (DHA), un acide gras essentiel présent dans l’alimentation, amplifie l’effet pyroptose et induit une ferroptose immunogène, un autre type de mort cellulaire programmée qui renforce la réponse immunitaire. Cette combinaison de deux mécanismes thérapeutiques synergiques offre un potentiel prometteur pour le traitement du cancer.
Les chercheurs ont systématiquement validé l’efficacité de ces nanosphères à travers des expériences en laboratoire et sur des modèles animaux, démontrant leur capacité à freiner l’invasion tumorale et la formation de métastases. Cette étude confirme le potentiel des nanosphères comme agents antitumoraux et ouvre la voie au développement de nouvelles générations de traitements ciblés.
Les résultats de cette recherche ont été publiés sous forme d’article dans la revue Chimie CSC. L’académicien Hongjie Zhang, la chercheuse Shuyan Song, le chercheur associé Pengpeng Lei et le Dr Ran An de l’Institut de chimie appliquée de Changchun, de l’Académie chinoise des sciences, sont les auteurs correspondants de cette étude, Pengye Du étant le premier auteur. DOI : 10.31635/ccschem.025.202506187
