L’ex-frégate anti-sous-marine (FASM) Latouche-Tréville a accosté à Toulon le 2 octobre après un remorquage depuis Brest par la Marine nationale. Sa coque servira de plateforme d’expérimentation pour la Direction Générale de l’Armement (DGA) avant sa déconstruction, dans un contexte de renforcement des capacités de résistance des navires de combat.
Désarmée en 2022, l’ancienne Latouche-Tréville a été remorquée par un bâtiment de soutien et d’assistance métropolitain (BSAM) via le détroit de Gibraltar. Cette opération a également constitué un exercice pour l’équipage du BSAM, conçu pour assister et remorquer les unités de combat en cas d’avarie.
À Toulon, la frégate sera mise à disposition de la DGA afin de réaliser des « expérimentations in situ de résistance des matériaux », selon des sources militaires. L’objectif est d’« acquérir des données précises pour recaler les simulations de résistance et de tenue des structures ». Ces tests s’inscrivent dans une démarche plus large de la Marine nationale et de la DGA visant à évaluer et améliorer la robustesse des navires face aux menaces actuelles.
Ces derniers mois, plusieurs essais ont déjà été menés dans la région de Toulon. En février, la frégate Courbet a subi un essai de choc avec la détonation d’une mine sous-marine, une première depuis 1995. En avril, un ancien chaland de transport de matériel (CTM) a été frappé par un jet ski dronisé et chargé d’explosifs, dans le cadre d’un test sur les munitions navales téléopérées. En décembre 2024, un ancien aviso, le Premier-maître L’Her, avait été détruit par une torpille lourde F21 tirée par un sous-marin.
La nature exacte des expérimentations auxquelles sera soumise l’ex-Latouche-Tréville n’a pas été précisée, mais il est d’ores et déjà confirmé qu’elle ne sera pas coulée. À l’issue de la campagne d’essais au profit de la DGA, la coque sera démantelée. Longue de 139 mètres pour une largeur de 15 mètres, l’ex-FASM Latouche-Tréville était la plus récente des sept unités du type F70 ASM, mise en service en 1990.
