Publié le 2024-11-21 14:35:00. Jaime Cantizano se livre sur les raisons de son départ précipité de TVE et critique une télévision publique qu’il juge trop encline à manipuler l’information, préférant désormais la liberté qu’il trouve à Onda Cero.
- Jaime Cantizano a quitté TVE après seulement huit mois à la tête de l’émission matinale Matins.
- Il déplore un manque de liberté éditoriale et une tendance à privilégier l’infodivertissement au détriment d’une information rigoureuse.
- Il affirme avoir trouvé à Onda Cero l’environnement propice à un journalisme indépendant et responsable.
Après un départ soudain de la télévision publique espagnole, Jaime Cantizano a expliqué les raisons qui l’ont poussé à quitter son poste à la tête de Matins, l’émission matinale de La 1. Remplacé par Adela González, l’animateur a trouvé refuge à Onda Cero, où il prendra les rênes d’une nouvelle émission en après-midi, intitulée Por Fin, succédant à Julia Otero.
Dans une interview accordée au portail Informalia d’El Economista, Cantizano a révélé avoir traversé une période difficile durant son passage à TVE, allant jusqu’à évoquer une crise personnelle. Il avait déjà admis, lors d’une conversation avec Suzanne Griso dans l’émission Miroir public, qu’il n’avait jamais été aussi proche d’une telle situation.
« Je n’ai pas été aussi proche d’une crise personnelle que l’année dernière. Au mois de mai, je n’arrivais plus à travailler, j’étais au bord. Tout me dérangeait, je me mettais en colère contre tout. Parler de dépression me semble être un sujet très sérieux, mais j’ai été détruit. »
Jaime Cantizano, animateur radio
L’animateur a expliqué que la télévision est un environnement où il est plus facile de tomber dans la controverse que sur la radio, où il a retrouvé une certaine stabilité. Il a souligné qu’il y avait des limites qu’il ne souhaitait pas franchir, notamment en ce qui concerne la manière dont certaines informations étaient présentées.
« Il n’était pas disposé à se voir imposer « une manière de raconter certaines nouvelles » ou accepter qu’un cas de corruption soit abordé ou expliqué d’une manière quelque peu éloignée de la réalité. »
Cantizano s’inquiète d’un danger croissant : celui de voir la vérité déformée par des intérêts particuliers. Il nuance toutefois en précisant que cette manipulation ne se produit pas dans tous les médias, louant la liberté dont il bénéficie chez Atresmedia.
« Chez Atresmedia, c’est là que j’ai trouvé le plus de liberté lors de la création d’un programme, et je ne dis pas cela parce que je travaille ici. »
Jaime Cantizano, animateur radio
Il critique également la tentation de certains médias de s’entourer d’équipes partageant les mêmes opinions. Pour lui, la clé est de s’entourer de personnes plus compétentes, ayant des points de vue différents et contribuant à un débat social constructif.
« Mes collaborateurs ne se distinguent pas par le fait d’être la voix d’un maître. »
Jaime Cantizano, animateur radio
Concernant son retour potentiel à TVE, Cantizano a reconnu que l’offre était intéressante, une opportunité de tester sa forme après une longue absence.
« Après si longtemps sans faire de télévision, je voulais savoir à quel point mes machines étaient huilées, et avec satisfaction je dois vous dire que c’était bien huilé. »
Jaime Cantizano, animateur radio
Cependant, il a insisté sur le fait qu’il était essentiel que la télévision publique représente l’ensemble des contribuables. Il a regretté que cet objectif ne soit pas toujours atteint, pointant du doigt une programmation trop axée sur l’infodivertissement. Interrogé sur la capacité de TVE à représenter les citoyens, il a répondu sans hésitation :
« Je ne pense pas. Il a opté pour un type de programmation, cette formule dans laquelle l’infodivertissement vous permet de jouer avec les informations et les opinions. »
Jaime Cantizano, animateur radio
