Publié le 26 décembre 2025 à 22h00. Une soirée de gala organisée par le Young Republican Club de New York a mis en lumière la présence de figures d’extrême droite, ravivant les inquiétudes quant à la radicalisation au sein du parti républicain et ses liens avec des mouvements nationalistes.
- Des responsables du parti républicain ont été impliqués dans des échanges en ligne haineux, contenant des propos racistes et violents.
- L’événement new-yorkais a attiré des personnalités controversées, dont un nationaliste blanc et une influenceuse ayant fait l’objet de critiques pour des publications racistes.
- Des responsables républicains ont prononcé des discours anti-immigrés lors de la soirée, suscitant des protestations.
La section new-yorkaise du Young Republican Club est sous le feu des critiques après un gala annuel qui a réuni un éventail de personnalités d’extrême droite. L’événement, qui s’est déroulé dans le luxueux espace Cipriani Wall Street, est devenu ces dernières années un point de ralliement pour les républicains partisans et les personnalités internationales d’extrême droite, et avait même accueilli, il y a deux ans, l’ancien président américain Donald Trump, selon l’agence Reuters.
L’attention s’est particulièrement portée sur la présence de Jared Taylor, figure de proue du nationalisme blanc, et d’EmpathChan, une influenceuse récemment épinglée pour avoir simulé l’identité de personnes noires et partagé des images choquantes à caractère esclavagiste.
Le politicien allemand d’extrême droite Markus Frohnmaier, dont le parti Alternative für Deutschland (AfD) a été accueilli par le club avec une formule allemande popularisée par les nazis, était également présent, accompagné d’au moins dix-neuf autres membres de l’AfD.
L’événement a également été marqué par la présence de Vish Burra, un ancien membre d’un réseau conservateur ayant été licencié après avoir publié des propos antisémites.
Ces révélations interviennent huit semaines après la dissolution du club municipal par la section du Parti républicain de l’État de New York, soulevant des questions sur la capacité de l’organisation à contrôler les dérives de ses membres.
Les propos tenus lors de l’événement ont suscité l’indignation. Lors de la soirée, le représentant Andy Ogles (R-Tenn.) a déclaré :
« Si des immigrants illégaux douteux ou plutôt naturalisés polluent notre politique, la Nouvelle Droite doit avoir le courage de les expulser. »
Andy Ogles, représentant (R-Tenn.)
Il a ajouté que cela « ressusciterait notre nation ».
Le président du club, Stefano Forte, a également prononcé un discours virulent :
« Nous savons tous qui est l’ennemi. L’ennemi est celui qui a abattu le président Trump à Butler, en Pennsylvanie. L’ennemi est celui qui a failli lui tirer dessus à nouveau deux semaines plus tard à Mar-a-Lago… L’ennemi nous diffame dans les médias, ouvrant grand nos frontières, remplaçant notre population indigène. »
Stefano Forte, président du club
Des manifestants, dont des élus démocrates, se sont rassemblés devant le lieu de l’événement pour dénoncer les propos tenus à l’intérieur. Le député Jordan Wright, noir, a déclaré :
« Les gens dans cette pièce appelaient les gens comme moi des pastèques. Ils étaient racistes, homophobes, adorateurs d’Hitler. »
Jordan Wright, député
L’incident survient alors que le parti républicain est confronté à un débat interne sur la place des voix extrémistes au sein de ses rangs. Un récent rapport américain souligne les inquiétudes concernant le soutien croissant de l’administration Trump aux partis d’extrême droite en Europe, qui pourraient gagner en légitimité et en influence. L’AfD, par exemple, est en tête des sondages en Allemagne en vue des élections fédérales de 2026.
Après l’attaque survenue en Australie, le Young Republican Club a publié un message sur les réseaux sociaux, depuis supprimé, affirmant que « l’horrible attaque terroriste en Australie la nuit dernière est une preuve supplémentaire que la seule voie à suivre pour les pays occidentaux est la remigration », et que de nouvelles fusillades seraient inévitables si cette politique n’était pas mise en œuvre.
