Publié le 23 décembre 2025 à 20h23. L’administration américaine ambitionne de prendre la tête mondiale du développement de la 6G, la prochaine génération de réseaux mobiles, et a lancé une étude pour libérer des fréquences radio essentielles à cette transition technologique.
- Les États-Unis souhaitent dominer le développement de la 6G pour des raisons de sécurité nationale, de politique étrangère et de prospérité économique.
- Le gouvernement américain va libérer des fréquences radio actuellement utilisées par les agences fédérales pour permettre aux entreprises privées de tester et de déployer la 6G.
- L’Australie s’est jointe à plusieurs pays dans un accord de collaboration pour la recherche et le développement de la 6G, mais des défis financiers pourraient freiner son déploiement.
Washington a annoncé son intention de diriger la course à la 6G, la sixième génération de réseaux sans fil, considérée comme une technologie clé pour l’avenir. Le président Donald Trump a donné un an à son administration pour déterminer comment atteindre cet objectif, en mettant l’accent sur l’importance stratégique de cette technologie.
Selon un communiqué publié vendredi, « la prochaine génération de réseaux de communications mobiles (6G) sera fondamentale pour la sécurité nationale, la politique étrangère et la prospérité économique des États-Unis ». L’administration Trump a autorisé la libération de fréquences radio nationales actuellement utilisées par les agences fédérales, afin de permettre aux entreprises privées de commencer à planifier et à tester le déploiement de ces futurs réseaux.
La 6G devrait jouer un rôle central dans le développement de technologies émergentes telles que l’intelligence artificielle, la robotique et les technologies implantables. Elle promet également des réseaux de communication plus rapides, plus résilients et plus sécurisés, essentiels pour la sécurité nationale et la sécurité publique.
« La politique des États-Unis est de diriger le monde dans le développement de la 6G. »
Donald Trump, président des États-Unis
Mais qu’en est-il de la 6G et quand pourrait-elle devenir une réalité ? Selon Jay Guo, professeur distingué à l’Université de technologie de Sydney, la 6G se distingue de la 5G par trois éléments clés : une intégration des réseaux terrestres et non terrestres (combinant réseaux mobiles existants, satellites et drones), une capacité de détection de réseau (identification de facteurs environnementaux tels que les risques d’inondation) et une intelligence artificielle native (utilisation de l’IA pour optimiser les réseaux).
« L’Australie a définitivement besoin de la 6G pour assurer une couverture adéquate, car il est impossible de déployer des réseaux terrestres pour couvrir 100 % du territoire », a déclaré le professeur Guo à l’ABC.
La connectivité 6G est considérée comme essentielle à la sécurité nationale, à la politique étrangère et à la prospérité économique, selon Donald Trump. (Image AAP : Joël Carrett)
Ming Ding, du Data 61 Privacy Technology Group du CSIRO, estime que la 6G pourrait ouvrir de nouvelles perspectives en matière d’innovation dans les communications, notamment grâce à de nouvelles fréquences radio, des protocoles innovants, des débits de données plus élevés et l’intégration de réseaux terrestres et non terrestres. Les applications potentielles incluent la mobilité des drones, la présence holographique, la conduite autonome et les jumeaux numériques.
Dans sa déclaration, M. Trump a précisé que son administration avait étudié les fréquences radio fédérales tout au long de 2025 afin de déterminer celles qui seraient les plus adaptées au développement de la 6G sans compromettre la sécurité nationale. Il a chargé la secrétaire adjointe au Commerce chargée des communications et de l’information, Arielle Roth, de superviser cette étude et d’évaluer les coûts et les risques potentiels.
Les agences gouvernementales américaines commenceront à libérer des fréquences radio spécifiques afin de libérer de l’espace pour que les entreprises technologiques puissent commencer à tester la connectivité 6G. (Reuters : Mike Blake)
M. Trump a fixé à Mme Roth un délai jusqu’au 19 décembre 2026 pour présenter ses conclusions. Il a également demandé au secrétaire d’État américain, Marco Rubio, de former une coalition d’industriels et de partenaires étrangers pour soutenir la position américaine sur la 6G.
L’Australie a rejoint en février 2024 plusieurs pays dans un accord de collaboration pour la recherche et le développement de la 6G. Ce communiqué conjoint souligne l’importance de la collaboration pour relever les défis liés au développement de la 6G et d’adopter des politiques favorisant l’innovation.
Cependant, le professeur Guo ne pense pas qu’il soit réaliste que les États-Unis disposent d’un réseau 6G opérationnel d’ici 12 mois, soulignant que la normalisation de cette technologie prendra au moins quatre ans. Selon l’Australian Financial Review, l’ancien conseiller en cybersécurité du gouvernement australien, Alastair MacGibbon, a mis en garde contre les risques potentiels d’une collaboration avec la Chine sur la 6G.
Les États-Unis et la Chine sont les deux principaux pays au monde en matière d’innovation en matière d’IA et de technologies de télécommunications. (Vidéo d’actualité)
Le déploiement de la 6G en Australie ne devrait pas intervenir avant 2030, selon le professeur Guo, en raison de la nécessité de développer une couverture satellite complète pour les zones rurales et régionales et d’assurer des débits de données élevés dans les zones urbaines. Luke Coleman, PDG de l’Australian Telecommunications Alliance, souligne que l’accessibilité financière du spectre radioélectrique sera un facteur déterminant pour le déploiement de la 6G en Australie.
L’ACMA, l’organisme de réglementation australien des communications, a récemment augmenté les frais de renouvellement des licences de spectre, ce qui pourrait avoir un impact négatif sur les investissements des opérateurs télécoms dans les nouvelles technologies.
