Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a annoncé dimanche le retrait de ses combattants de Turquie vers le nord de l’Irak, marquant une étape potentielle vers la fin d’un conflit qui dure depuis près de quatre décennies. Cette décision intervient après un appel au cessez-le-feu lancé par le chef emprisonné du PKK, Abdallah Öcalan, en mai dernier.
Dans un communiqué publié depuis l’Irak, le PKK a déclaré que ce retrait vise à créer les conditions pour une « vie libre, démocratique et fraternelle », et s’inscrit dans un processus plus large de désarmement et d’intégration politique. Le groupe a appelé Ankara à adopter des mesures législatives facilitant sa transition vers une participation démocratique.
« Les mesures juridiques et politiques nécessaires à ce processus, ainsi que les lois sur la liberté et l’intégration démocratique indispensables à une participation à la politique démocratique, doivent être mises en place sans délai », a souligné le PKK dans son communiqué.
Sabri Ok, un responsable du PKK, a précisé aux journalistes : « Des dispositions juridiques significatives doivent être prises, des arrangements compatibles avec la liberté. Nous voulons des lois spécifiques à ce processus, pas seulement une amnistie. » Le groupe a réaffirmé son intention de défendre les droits de la minorité kurde de Turquie par des moyens exclusivement démocratiques, conformément aux directives d’Öcalan.
Le PKK est déjà implanté dans le nord de l’Irak, où il s’est replié après avoir été chassé du sud-est de la Turquie ces dernières années. Malgré ce retrait, ses positions continuent d’être la cible d’attaques régulières de l’armée turque, qui a établi plusieurs bases militaires dans la région.
La décision du PKK a été saluée par le parti AKP au pouvoir en Turquie. Omer Celik, son porte-parole, a déclaré sur le réseau social X que ce retrait était une conséquence directe de la politique du gouvernement visant à « libérer la Turquie du terrorisme ». Il a ajouté que cette démarche devrait permettre de créer un « cadre positif » pour l’adoption des lois nécessaires par une commission parlementaire.
Cette commission, composée de 48 membres, devra également se prononcer sur le sort d’Abdallah Öcalan, incarcéré en isolement sur l’île-prison d’Imrali, près d’Istanbul, depuis environ 26 ans. Le PKK a fait de sa libération une condition essentielle à la poursuite du processus de paix.
La fin du conflit entre la Turquie et le PKK, considéré comme une organisation terroriste par Ankara, les États-Unis et l’Union européenne, pourrait avoir des répercussions importantes dans la région, notamment en Syrie. Les tensions entre la Turquie et les États-Unis, liées au soutien américain aux forces kurdes syriennes que la Turquie considère comme affiliées au PKK, pourraient ainsi être atténuées.
