Publié le 7 janvier 2024 06:13:00. Les ventes dans les grands magasins japonais ont connu une forte baisse en décembre, conséquence directe des tensions diplomatiques croissantes avec la Chine et du découragement des voyages au Japon par Pékin.
- Les ventes hors taxes des principaux grands magasins ont chuté de 11 à 17 % en décembre.
- Le nombre de touristes chinois, moteur essentiel de la reprise économique post-COVID, est en nette diminution.
- Les restrictions de vols imposées par la Chine pourraient coûter jusqu’à 1 200 milliards de yens (environ 8,8 milliards d’euros) de revenus touristiques au Japon cette année.
La reprise économique du Japon, largement soutenue par le retour des touristes étrangers après la pandémie de COVID-19, montre des signes de fragilité. Les chiffres de décembre révèlent une baisse significative des dépenses des visiteurs chinois, particulièrement sensibles aux tensions géopolitiques actuelles. Cette situation met en évidence la vulnérabilité du secteur de la vente au détail face aux évolutions de la politique touristique chinoise.
Les grands magasins ont particulièrement souffert. J Front Retailing, qui exploite les enseignes Daimaru et Matsuzakaya, a enregistré une chute de 17 % de ses ventes hors taxes en décembre, entraînant une baisse globale des ventes de 1,9 %. Takashimaya a quant à lui constaté une diminution de 11 % de ses ventes hors taxes, limitant sa croissance globale à 4,1 % malgré une demande intérieure soutenue. H2O Retailing a subi une baisse de 3,6 % de ses ventes globales, avec une chute d’environ 40 % des achats de ses clients chinois, due à la réduction du nombre de vols en provenance de Chine vers l’aéroport international du Kansai, près d’Osaka. Matsuya a signalé une baisse de 11 % dans son magasin phare de Ginza, imputée à l’absence de touristes chinois. Enfin, Isetan Mitsukoshi Holdings a vu ses ventes hors taxes chuter de 14 % au niveau national, impactant ses ventes totales de 0,5 %.
Les visiteurs chinois représentaient environ un cinquième des 8 100 milliards de yens (51,6 milliards d’euros) de revenus touristiques du Japon. Le ralentissement de leur afflux, amorcé en novembre, s’est accentué après que Pékin a déconseillé les voyages au Japon en réponse aux déclarations du Premier ministre Sanae Takaichi concernant Taiwan. La Chine a également ordonné aux compagnies aériennes de réduire leurs vols vers le Japon jusqu’en mars, une mesure qui pourrait aggraver la situation dans les mois à venir.
Selon Hiromu Komiya, économiste à l’Institut de recherche japonais, le Japon pourrait perdre jusqu’à 1 200 milliards de yens de revenus touristiques cette année si les restrictions de voyage persistent. Le tourisme reste un pilier de la croissance économique japonaise, et un recul prolongé pourrait peser sur les bénéfices des entreprises et sur la reprise économique globale.
