Publié le 6 octobre 2025 à 08h17. Des fraudes sophistiquées se multiplient autour des tests de langue requis pour l’obtention de la nationalité allemande, allant de l’utilisation de faux passeports à la vente de questions d’examen sur les réseaux sociaux, révélant un réseau criminel organisé.
- Une femme de 32 ans a été arrêtée à Stuttgart pour avoir tenté de passer un test de langue avec un faux passeport.
- Des réseaux de fraude organisés proposent des certificats de langue falsifiés, notamment via les réseaux sociaux, moyennant des sommes allant jusqu’à 5 000 euros.
- Des questions d’examen ont été illégalement diffusées sur Telegram, permettant à certains candidats de bénéficier d’un avantage injuste.
Les autorités allemandes sont confrontées à une recrudescence des tentatives de fraude liées aux tests de langue, étape cruciale pour l’obtention d’un permis de séjour ou de la nationalité allemande. Depuis 2008, tout immigrant doit en effet valider ses compétences linguistiques pour pouvoir prétendre à un passeport allemand.
Récemment, une femme de 32 ans a été interpellée à Stuttgart après avoir tenté de s’inscrire à un test de langue en présentant un faux passeport au nom d’un Irakien de 45 ans. Un employé du centre linguistique a immédiatement détecté la supercherie et a alerté la police. La fraudeuse a été placée en détention en attendant sa comparution devant un juge. Les enquêteurs suspectent qu’elle n’ait pas agi seule et qu’une transaction financière ait pu avoir lieu.
Cette affaire s’inscrit dans un schéma plus large de fraudes recensées dans le Bade-Wurtemberg et à l’échelle nationale. Les méthodes employées sont variées : recours à des proches pour passer les examens à la place des candidats, mais aussi recours à des réseaux criminels spécialisés.
Une enquête menée par la police de Heilbronn a récemment démantelé un réseau national de doubles propriétaires, initialement axé sur les permis de conduire, mais dont les méthodes pourraient être utilisées pour les tests de langue. Selon les premiers éléments de l’enquête, des professionnels sont recrutés pour se faire passer pour les candidats lors des examens.
Parallèlement, des fraudeurs exploitent les réseaux sociaux pour proposer leurs services. Sur la plateforme TikTok, des annonces promettent notamment une « naturalisation sans école ni examen ». Ces offres, souvent accompagnées de musique arabe, ciblent une audience spécifique. Selon la journaliste d’investigation de RTL, Boetticher, « Les vendeurs TikTok sont rodés, proposent leurs produits presque sur commande et sont très axés sur le service. Nous aurions pu obtenir un certificat pour un Afghan fictif à l’étranger. »
Un autre cas impliquant deux frères du district de Rems-Murr a révélé une organisation encore plus sophistiquée. Les deux hommes ont vendu plus de 350 faux certificats via une école de langue à Ellwangen et un site web proposant un code QR donnant accès aux documents falsifiés. Les clients payaient jusqu’à 2 700 euros par certificat. Ils ont réalisé un profit estimé à plus de 300 000 euros, voire 880 000 euros selon l’acte d’accusation.
En Rhénanie-Westphalie, des questions d’examen pour le « Test d’allemand pour les immigrants » (DTZ) ont été illégalement diffusées sur Telegram quelques jours avant les épreuves. Les membres du groupe devaient payer 50 euros pour y accéder, et 200 euros supplémentaires pour obtenir les questions de l’examen. Selon les investigations de la Westdeutscher Rundfunk (WDR), cette pratique permettait aux participants de bénéficier d’un avantage injuste.
Malgré les mesures de sécurité renforcées, notamment l’envoi des documents d’examen dans des enveloppes scellées, les fraudes se multiplient. Les experts s’inquiètent de cette tendance, qui porte atteinte à la crédibilité du processus de naturalisation.
