Publié le 13 janvier 2026. Les séries télévisées, souvent sources d’inspiration en matière de premiers secours, véhiculent en réalité de nombreuses erreurs qui pourraient mettre des vies en danger, selon une étude récente.
- Moins d’un tiers des représentations de réanimation cardio-pulmonaire (RCP) à la télévision sont correctes.
- La pratique du bouche-à-bouche, autrefois enseignée, est désormais obsolète et inutile.
- Les séries télévisées présentent souvent des arrêts cardiaques chez des personnes plus jeunes et en public, alors qu’en réalité, ils surviennent plus fréquemment chez les personnes âgées et à domicile.
Les séries télévisées, populaires et largement regardées, peuvent avoir un impact significatif sur la perception du public concernant les gestes de premiers secours. Or, une étude menée par l’Université de Pittsburgh et l’American Heart Association (AHA) révèle que ces représentations sont souvent inexactes et peuvent induire en erreur. Moins d’un tiers des cas de réanimation cardio-pulmonaire (RCP) présentés à l’écran sont correctement illustrés.
L’une des erreurs les plus fréquentes est la persistance de l’image du bouche-à-bouche. Pourtant, cette technique a été abandonnée depuis 2008 dans les recommandations officielles. « La réanimation ne comprend que deux étapes simples : appeler les services médicaux d’urgence et commencer un massage cardiaque », explique Stacey Rosen, de l’American Heart Association. Le massage cardiaque, réalisé en appuyant fortement et rapidement sur le sternum, permet d’assurer une circulation sanguine suffisante en oxygène. Il est accessible à tous, y compris aux enfants, et ne nécessite aucune formation spécifique.
L’étude souligne également une distorsion de la réalité concernant l’âge et le lieu des victimes. Les séries télévisées mettent en scène des arrêts cardiaques chez des individus relativement jeunes, entre 21 et 44 ans. En réalité, l’âge moyen des personnes touchées est de 62 ans. De plus, 80 % des arrêts cardiaques surviennent à la maison, entre les murs domestiques, alors que les séries montrent des effondrements en public dans 80 % des cas.
Cette représentation biaisée peut avoir des conséquences importantes. « Si les téléspectateurs pensent qu’un arrêt cardiaque ne se produit qu’en public ou ne touche que des personnes plus jeunes, ils pourraient considérer la réanimation comme ayant peu d’importance dans leur propre vie », avertit Ore Fawole, auteur principal de l’étude. « Mais la plupart des arrêts cardiaques surviennent à la maison et sont plus susceptibles d’arriver à quelqu’un que vous connaissez et aimez. »
Enfin, l’étude révèle que dans 43 % des scènes de réanimation, les secouristes prennent le temps de vérifier le pouls du patient, une pratique désormais déconseillée car elle fait perdre un temps précieux. « C’est pourquoi cela n’est plus fait en réanimation », précise Hoffman. « Pourtant, quand je demande à mes étudiants en médecine ce qu’ils font en premier, la plupart d’entre eux répondent : ‘Vérifier le pouls’. »
Les chercheurs estiment que les séries télévisées peuvent à la fois refléter et renforcer les idées fausses existantes en matière de premiers secours. « Il est intéressant de constater que les représentations à l’écran reflètent de nombreuses idées fausses de la vie réelle », déclare Fawole. « Il se pourrait que les séries reproduisent simplement cela, mais il est également possible que ce qui est montré dans la série contribue à renforcer les idées fausses. » L’équipe appelle donc à une représentation plus réaliste et correcte des gestes de premiers secours dans les séries télévisées. Circulation : Santé de la population et résultats, 2026 ; DOI: 10.1161/CIRCOUTCOMES.125.012657
Source : Université de Pittsburgh, American Heart Association

