Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une étude récente révèle que les personnes LGBTQIA+ au Brésil continuent de rencontrer des obstacles significatifs pour accéder aux soins de santé primaires, malgré l’existence d’une politique nationale dédiée. Cette inégalité est principalement due à des préjugés institutionnels et à un manque de formation adéquate du personnel soignant.
- Une revue de 19 études montre que les obstacles à l’accès aux soins incluent les préjugés, le manque de préparation des professionnels de santé et une focalisation excessive sur le VIH/sida.
- La recherche est majoritairement qualitative et concentrée dans les régions du Nord-Est et du Sud-Est du Brésil, avec un manque de données pour la région du Centre-Ouest.
- Le renforcement des politiques inclusives et la formation du personnel soignant sont essentiels pour améliorer l’équité en matière de santé pour les personnes LGBTQIA+.
Les personnes lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, queer, intersexes, asexuels et autres (LGBTQIA+) au Brésil sont confrontées à des difficultés persistantes pour obtenir des soins de santé primaires (SSP) de qualité. Ces inégalités sont enracinées dans des obstacles structurels, des discriminations au sein des institutions de santé et un manque de formation spécifique pour les professionnels de la santé. Bien que le Brésil ait mis en place une Politique nationale pour la santé intégrale des personnes LGBT, sa mise en œuvre effective reste un défi majeur.
Une étude approfondie, basée sur un examen de la littérature scientifique publiée entre 2018 et 2023, a cherché à cartographier précisément les obstacles et les facilitateurs à l’accès aux SSP pour cette population. Les chercheurs ont utilisé le cadre JBI (James Lind Institute) et les directives PRISMA-ScR pour mener leurs recherches dans plusieurs bases de données, notamment MEDLINE/PubMed, Embase, Scopus, CINAHL, SciELO et LILACS.
L’analyse a porté sur 19 études, dont la grande majorité (84,2 %) étaient qualitatives. Il est apparu que la recherche est géographiquement concentrée, avec une prédominance d’études menées dans les régions du Nord-Est et du Sud-Est du pays. De manière préoccupante, aucune étude n’a été identifiée dans la région du Centre-Ouest. Par ailleurs, les points de vue des personnes LGBTQIA+ elles-mêmes sont sous-représentés dans la recherche, la plupart des études privilégiant les perspectives des professionnels de la santé, notamment les infirmières et les médecins.
Les principaux obstacles à l’accès aux soins identifiés comprennent les préjugés institutionnels, le manque de préparation des professionnels de santé à répondre aux besoins spécifiques de cette population, et une approche biomédicale trop étroite, souvent centrée sur la prévention et le traitement du VIH/sida. À l’inverse, les facteurs facilitant l’accès incluent le soutien social et la disponibilité d’espaces inclusifs où les personnes LGBTQIA+ se sentent en sécurité et respectées.
L’étude souligne également des lacunes importantes dans la recherche, notamment un manque de données concernant les identités de genre dissidentes. Pour améliorer l’équité en matière de santé et garantir des soins de qualité pour tous, les auteurs recommandent de renforcer les politiques inclusives, de diversifier la production scientifique sur le sujet et d’intégrer la diversité sexuelle et de genre dans la formation initiale et continue des professionnels de la santé.
Mots-clés : accès aux soins de santé primaires ; diversité de genre ; inégalités en matière de santé ; disparités en matière de soins de santé ; santé publique ; minorités sexuelles et de genre.

