Publié le 2025-11-20 09:00:00. Une avancée médicale prometteuse pourrait révolutionner la prise en charge de l’hypercholestérolémie : une thérapie génique unique, basée sur la technologie CRISPR-Cas9, a démontré une réduction significative et potentiellement durable du cholestérol et des triglycérides lors d’un premier essai clinique.
- Une nouvelle thérapie génique cible le gène ANGPTL3 pour réguler les taux de lipides sanguins.
- Les premiers résultats cliniques montrent une réduction moyenne de 50 % du cholestérol LDL et de 55 % des triglycérides après une seule administration.
- Cette approche pourrait éliminer le besoin de médicaments quotidiens pour des millions de personnes souffrant d’hypercholestérolémie ou de dyslipidémie mixte.
Une nouvelle voie thérapeutique s’ouvre dans la lutte contre les maladies cardiovasculaires, l’une des principales causes de mortalité dans le monde. Des chercheurs de la Cleveland Clinic Lerner School of Medicine ont développé une thérapie innovante basée sur la technologie CRISPR-Cas9, qui permet de modifier avec précision des gènes spécifiques. Cette approche vise à agir directement sur le gène ANGPTL3, responsable de la régulation des taux de lipides dans le sang.
L’intervention utilise des nanoparticules lipidiques pour délivrer l’édition génétique directement au foie, comme le détaille une étude pilote publiée dans le New England Journal of Medicine. L’objectif est d’induire une mutation qui désactive ANGPTL3, réduisant ainsi la production de cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol) et de triglycérides.
La phase 1 de l’essai clinique a inclus 15 adultes atteints d’hypercholestérolémie, d’hypertriglycéridémie ou de dyslipidémie mixte, tous sous traitement médicamenteux maximal. Les participants ont reçu une seule dose intraveineuse de CTX310, le nom du traitement expérimental. Les résultats ont été encourageants : une réduction moyenne de près de 50 % des taux de cholestérol LDL et de 55 % des triglycérides a été observée. De plus, la diminution des niveaux d’ANGPTL3 était plus marquée avec les doses les plus élevées, avec une réduction moyenne de 79,7 % pour une dose de 0,7 mg/kg et de 73,2 % pour une dose de 0,8 mg/kg. Le suivi de 60 jours a confirmé que les taux de lipides sont restés bas après l’intervention.
Actuellement, les personnes souffrant d’un taux de cholestérol élevé dépendent généralement d’une combinaison de médicaments quotidiens, car aucun traitement disponible ne permet de réduire simultanément le cholestérol LDL et les triglycérides. Selon le professeur Steven Nissen, responsable de l’équipe de recherche,
« Le cholestérol LDL et les triglycérides sont associés à des conséquences cardiovasculaires indésirables majeures, telles qu’une crise cardiaque, un accident vasculaire cérébral ou la mort. »
Steven Nissen, professeur de médecine à la Cleveland Clinic Lerner School of Medicine
Bien que le régime alimentaire et l’exercice physique soient bénéfiques, de nombreuses personnes ne parviennent pas à atteindre les niveaux optimaux recommandés par les médecins, en particulier celles qui ont une prédisposition génétique. Cette nouvelle thérapie, en agissant directement sur le gène ANGPTL3, pourrait offrir une solution durable avec une seule administration, améliorant ainsi l’observance thérapeutique.
En termes de sécurité, l’étude publiée dans le New England Journal of Medicine a rapporté qu’aucun effet toxique lié à la dose de CTX310 n’a été détecté. Cependant, des événements indésirables graves ont été enregistrés chez deux participants : l’un a subi une hernie discale vertébrale et l’autre est décédé subitement 179 jours après avoir reçu la dose la plus faible (0,1 mg/kg). Cependant, le décès n’a pas été directement attribué au traitement.
Trois participants ont présenté des réactions liées à la perfusion et un a présenté une élévation transitoire des aminotransférases, qui est revenue à la normale en deux semaines. Globalement, l’édition du gène ANGPTL3 a été associée à peu d’effets indésirables et à des réductions soutenues des niveaux de lipides.
La prochaine phase de l’essai clinique, qui débutera dans les mois à venir, inclura davantage de patients présentant des taux élevés de cholestérol LDL ou de triglycérides. Si les résultats sont confirmés, cette thérapie pourrait représenter une avancée majeure dans la prévention et le traitement des maladies cardiovasculaires, offrant ainsi un nouvel espoir à des millions de personnes dans le monde.
Il est important de noter que l’inactivation naturelle du gène ANGPTL3, présente chez environ une personne sur 250, est associée à de faibles taux de lipides et à un risque cardiovasculaire réduit, ce qui renforce la pertinence de cette nouvelle approche thérapeutique.
