Publié le 11 novembre 2023 19:47:00. Une femme surnommée la « reine des cryptomonnaies » a été condamnée à Londres pour avoir blanchi des milliards de dollars issus d’une fraude pyramidale massive en Chine, révélant l’ampleur croissante de l’utilisation des cryptomonnaies dans le blanchiment d’argent à l’échelle internationale.
- Qian Zhimin, l’architecte d’un vaste système de Ponzi, a plaidé coupable de blanchiment d’argent et a été condamnée en Grande-Bretagne.
- Plus de 61 000 bitcoins, d’une valeur actuelle de plus de 6 milliards de dollars (9,1 milliards de dollars canadiens), ont été saisis par la police britannique.
- L’escroquerie a touché environ 128 000 investisseurs chinois, pour un montant total d’environ 8,6 milliards de dollars (40 milliards de renminbis).
Qian Zhimin, 47 ans, a finalement reconnu sa culpabilité en matière de blanchiment d’argent juste avant l’ouverture de son procès à la Crown Court de Southwark, à Londres. Elle avait initialement affirmé être victime d’une répression politique de la part du gouvernement chinois à l’encontre des entrepreneurs du secteur des cryptomonnaies. La juge Sally-Ann Hales n’a pas hésité à qualifier ses motivations de « pure cupidité » lors de sa condamnation, soulignant son rôle central dans l’organisation de cette fraude.
L’enquête a révélé que Qian a mis en place un stratagème d’investissement frauduleux entre 2014 et 2017, attirant environ 128 000 investisseurs qui ont versé collectivement l’équivalent de 8,6 milliards de dollars. Environ 6 milliards de dollars ont été détournés à des fins personnelles. Plus de 80 personnes ont déjà été condamnées en Chine pour leur implication dans cette affaire.
Après avoir fui la Chine en passant par le Myanmar, la Thaïlande, le Laos et la Malaisie, Qian Zhimin s’est installée à Londres sous une fausse identité, munie d’un passeport de Saint-Kitts-et-Nevis. Elle a alors tenté de convertir les bitcoins acquis grâce à la fraude en espèces, notamment en acquérant une propriété de luxe. C’est cette tentative d’achat immobilier qui a attiré l’attention des autorités et déclenché l’enquête.
Lors de son arrestation, la police métropolitaine a saisi un important butin, comprenant des appareils cryptés, de l’argent liquide, de l’or et d’autres cryptomonnaies. Seng Hok Ling, 46 ans, un autre accusé impliqué dans le transfert de fonds criminels, a également plaidé coupable en septembre.
La saisie de plus de 61 000 bitcoins représente l’une des plus importantes saisies de cryptomonnaies jamais réalisées par les forces de l’ordre. Cette affaire met en lumière les défis croissants posés par l’utilisation des cryptomonnaies pour dissimuler des activités illégales et souligne la nécessité d’une coopération internationale accrue pour lutter contre le blanchiment d’argent.
