Publié le 14 janvier 2026 à 13h44. Pour la première fois depuis sa création, un équipage de la Station spatiale internationale (ISS) doit effectuer un retour anticipé sur Terre en raison d’une urgence médicale, un événement qui souligne les limites des soins de santé dans l’espace.
- Un astronaute souffre d’une maladie qui ne peut être traitée adéquatement à bord de l’ISS.
- Le retour de l’équipage “Crew 11” est prévu ce soir, avec un amerrissage prévu au large des côtes californiennes demain matin.
- La clé symbolique de l’ISS a été remise à l’équipage russe restant.
La NASA se montre discrète sur la nature exacte de la maladie et l’identité de l’astronaute concerné, se limitant à indiquer que son état est stable et qu’un rétablissement complet est attendu. Cette situation inédite met en lumière les défis posés par les soins médicaux en environnement spatial, où les ressources sont limitées et les conditions particulières exigent des adaptations spécifiques.
Les quatre astronautes de “Crew 11” – Zena Cardman et Michael Fincke de la NASA, Kimiya Yui de l’agence spatiale japonaise JAXA et Oleg Platonov de Roscosmos – ont fait leurs adieux aux trois collègues qui restent à bord de l’ISS lors d’une cérémonie retransmise en direct. Le commandant américain a symboliquement remis la clé de la station à son successeur russe. L’équipage complet de l’ISS compte donc toujours sept membres.
Le vaisseau spatial Crew Dragon doit se désamarrer ce mercredi soir à 23h00, heure d’Europe centrale. Après quelques orbites autour de la Terre, la capsule devrait amerrir au large des côtes californiennes jeudi matin à 9h40. Le lieu précis d’atterrissage sera déterminé en fonction des conditions météorologiques.
Les limites des soins médicaux dans l’espace
Les soins médicaux disponibles à bord de l’ISS sont conçus pour traiter des problèmes mineurs tels que les maux de tête, les nausées ou les blessures superficielles. Deux membres d’équipage, formés en tant que « médecins de l’équipage », disposent de connaissances médicales de base et sont assistés par des médecins au sol qui leur fournissent des conseils par radio ou visioconférence. Une trousse d’urgence contenant des médicaments, des bandages, un défibrillateur et d’autres fournitures médicales est également à disposition. Cependant, ces ressources ne suffisent pas pour des interventions chirurgicales ou des diagnostics complexes, rendant nécessaire un retour sur Terre dans les cas graves.
L’apesanteur ajoute une complexité supplémentaire : les perfusions doivent être administrées sous pression, car les fluides ne s’écoulent pas naturellement en l’absence de gravité. Même un massage cardiaque doit être effectué avec les pieds pour stabiliser le corps. Néanmoins, la présence de plusieurs vaisseaux spatiaux amarrés à l’ISS permet, en cas d’urgence, d’évacuer l’ensemble de l’équipage vers la Terre en un temps relativement court, environ trois heures.
Le stress du retour sur Terre
Le retour sur Terre après plusieurs mois passés en apesanteur est une épreuve physique importante pour les astronautes. Le corps s’adapte aux conditions spatiales : le système cardiovasculaire s’affaiblit, la colonne vertébrale s’allonge et se rigidifie, et les fluides corporels se déplacent vers le haut du corps. Lors de la rentrée atmosphérique, les astronautes sont soumis à une force gravitationnelle plusieurs fois supérieure à celle qu’ils connaissent habituellement. Pour prévenir les problèmes de circulation sanguine, ils portent des bas de contention spéciaux. Après l’amerrissage, l’équipage est immédiatement pris en charge par les équipes médicales sur le navire de récupération.
Impact sur l’équipage de l’ISS
Après le retour de “Crew 11”, seuls trois astronautes – deux Russes et un Américain – resteront temporairement à bord de l’ISS. Un minimum de trois personnes est nécessaire pour assurer le fonctionnement du laboratoire spatial. La date de lancement de “Crew 12”, initialement prévue à la mi-février, pourrait être avancée, mais aucune décision n’a encore été prise. Les missions des équipages se chevauchent généralement de quelques jours pour garantir une transition en douceur.
