Publié le 14 mars 2024 10:32:00. La Russie négocie son retrait de la compagnie pétrolière serbe NIS, filiale de Gazprom, sous la pression des sanctions américaines, tandis que l’Ukraine ouvre une enquête pour corruption impliquant un proche collaborateur du président Zelensky.
- La Russie cherche à céder le contrôle de NIS, une entreprise clé pour l’approvisionnement énergétique de la Serbie, afin d’éviter les sanctions américaines.
- Le gouvernement serbe soutient la démarche russe et espère trouver une solution rapidement pour garantir la stabilité de son approvisionnement.
- En Ukraine, un proche du président Zelensky est accusé de corruption généralisée et d’enrichissement illégal dans le secteur énergétique.
Sous la pression des sanctions américaines imposées à la suite de l’invasion de l’Ukraine, le groupe énergétique russe Gazprom tente de se désengager de la compagnie pétrolière serbe NIS. Selon des sources serbes, des négociations sont en cours pour céder le contrôle de NIS à un tiers. La ministre serbe de l’Énergie, Dubravka Djedovic, a confirmé mardi que NIS avait déposé une demande auprès de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) américain pour prolonger sa licence d’exploitation, indiquant une volonté de « céder le contrôle et l’influence sur NIS à un tiers ».
« Nous devons trouver une solution », a déclaré la ministre Djedovic sur Instagram, sans révéler l’identité d’un acheteur potentiel. Le gouvernement serbe a « officiellement soutenu » cette demande, soulignant l’importance de NIS pour l’approvisionnement énergétique du pays. NIS couvre en effet plus de 80 % des besoins de la Serbie en diesel et en essence. Le président serbe Aleksandar Vucic a également confirmé les pourparlers, évoquant des discussions entre « l’État russe (…) et un tiers » et exprimant sa détermination à « protéger les intérêts serbes ». Il a toutefois souligné que l’issue des négociations dépendra de l’approbation des États-Unis.
Gazprom détient 45 % de NIS, sa participation de 11 % ayant été transférée en septembre à Intelligence, une société basée à Saint-Pétersbourg également affiliée au groupe russe. L’État serbe détient quant à lui près de 30 % de NIS, le reste étant détenu par des actionnaires minoritaires. L’OFAC devrait rendre sa décision cette semaine.
Parallèlement, en Ukraine, une enquête pour corruption a été ouverte contre Timur Mindich, un proche collaborateur du président Volodymyr Zelensky. Les enquêteurs anti-corruption l’accusent d’avoir « décidé de s’enrichir illégalement en organisant des crimes dans divers domaines de l’économie ukrainienne », selon un représentant du parquet anti-corruption (Sapo). Mindich aurait utilisé ses « relations amicales avec le président ukrainien » pour faciliter ses activités illégales.
Mindich est copropriétaire de la société de production Kwartal 95, fondée par Zelensky avant son accession à la présidence. Le procureur a affirmé que Mindich « exerçait un contrôle sur l’accumulation, la distribution et la légalisation des fonds obtenus grâce à des actions criminelles dans le secteur énergétique de l’Ukraine ». Ces révélations interviennent au lendemain de perquisitions menées dans le secteur de l’énergie ukrainien.
