Londres et New York ont envoyé un signal fort cette année : lassées des promesses non tenues et confrontées à une crise du coût de la vie, ces deux métropoles cosmopolites ont choisi des maires d’origine musulmane, incarnant un changement politique notable et reflétant la diversité de leurs populations.
Zohran Mamdani, élu maire de New York le 4 novembre, et Sadiq Khan, réélu à Londres en 2024, ont tous deux bâti leur succès sur une compréhension profonde des préoccupations quotidiennes des électeurs. Leur ascension marque une rupture avec les dynasties politiques traditionnelles de ces deux grandes villes.
Mamdani a surpris en battant Andrew Cuomo, ancien gouverneur de New York, procureur général et secrétaire au logement. Khan, quant à lui, avait déjà défié les attentes en 2016 en battant le conservateur Zac Goldsmith, issu d’une famille fortunée et influente du Royaume-Uni. Il a également succédé à Boris Johnson, figure de proue du Brexit, qui a ensuite accédé au 10 Downing Street.
Les deux hommes sont les premiers maires musulmans de leurs villes respectives, ayant obtenu des scores significatifs : 50,4 % des voix pour Mamdani et 56,8 % pour Khan en 2016. Leur élection a été portée par un fort soutien des classes populaires, en quête de solutions concrètes aux problèmes de logement et d’éducation.
Leurs parcours personnels partagent des similitudes frappantes. Sadiq Khan, 55 ans, est né dans une famille d’immigrants pakistanais et a grandi dans un logement social du quartier ouvrier de Tooting, au sud de Londres, avec ses sept frères et sœurs. Son père était chauffeur de bus, et il a lui-même fait carrière comme avocat spécialisé dans les droits de l’homme et la lutte contre les discriminations.
Zohran Mamdani, 35 ans, est né à Kampala, en Ouganda, et a immigré aux États-Unis à l’âge de sept ans. Il a travaillé comme conseiller en prévention des expulsions dans le Queens, un quartier populaire de New York, et a maintenu un engagement constant dans le militantisme avant d’entrer à l’Assemblée de l’État de New York en 2020.
Ces origines modestes et diverses ont résonné auprès d’un électorat désabusé et déconnecté de la politique traditionnelle, faisant de ces deux hommes les miroirs d’une société en pleine mutation. Ils ont tous deux adopté une stratégie de communication directe, axée sur des mesures concrètes pour améliorer la vie quotidienne des citoyens.
Mamdani a promis des solutions progressistes pour lutter contre le coût de la vie à New York, notamment la gratuité des transports en commun, la promotion de logements abordables, la création de supermarchés municipaux à bas prix et de garderies gratuites, financées par une imposition accrue des plus riches. Sa victoire a été marquée par la plus forte participation électorale depuis 1969.
Lors de sa première campagne, Khan s’était engagé à améliorer les transports publics, à faciliter l’accès au logement abordable et à accorder une importance particulière à la protection de l’environnement, tout en renforçant les effectifs de la police métropolitaine de Londres. Les élections de 2016, qui ont vu son élection, ont été les troisièmes plus fréquentées depuis la création du poste de maire de Londres en 2000.
Le parallèle entre ces deux trajectoires est frappant. L’avenir dira si Mamdani parviendra à maintenir son élan comme Khan, qui pourrait se présenter à un quatrième mandat lors des élections locales du 4 mai 2028, un événement qui coïncidera avec un sommet mondial.
