Publié le 2 décembre 2025 à 20h02. Le commerce de détail du centre-ville de Limerick est confronté à une crise sans précédent, selon un commerçant de longue date qui tire la sonnette d’alarme à l’approche des fêtes de fin d’année.
- Michael Gleeson, propriétaire de Gleeson Shoes, décrit une fréquentation en chute libre et un sentiment de découragement inédit après 40 ans d’activité.
- Il appelle à des mesures urgentes, notamment la gratuité du stationnement en décembre et des solutions incitatives en périphérie, pour éviter une perte de clientèle au profit du centre commercial Crescent.
- M. Gleeson critique le manque d’engagement des élus locaux et des députés de Limerick City face à la dégradation du centre-ville.
Limerick est, selon Michael Gleeson, « dans la zone de danger ». Le propriétaire de Gleeson Shoes, installé rue William depuis 1985, n’a jamais connu une situation aussi préoccupante pour le commerce local. Il exprime son inquiétude face à une baisse de fréquentation qui atteint des niveaux historiquement bas.
« La fréquentation est à un nouveau plus bas – et après avoir observé la situation pendant 40 ans, je suis bien placé pour dire ce que je dis », a-t-il déclaré. Il se dit pour la première fois de sa carrière véritablement pessimiste quant à l’avenir du commerce de détail en centre-ville. « J’en ai peur à ce stade », confie-t-il, soulignant l’importance de son entreprise pour sa famille et ses employés.
Pour inverser cette tendance, M. Gleeson propose une solution simple : la gratuité du stationnement dans les rues du centre-ville pendant tout le mois de décembre. Il suggère également d’étudier la mise en place de parkings relais en périphérie, afin d’encourager les habitants à se rendre en ville. « Je suis ennuyé que personne ne fasse d’effort pour trouver des idées pour attirer plus de gens dans la ville. On a l’impression que l’idée est de dissuader les gens de venir en ville. Cela a un impact sur notre chiffre d’affaires », déplore-t-il.
L’entrepreneur critique vivement le manque d’implication des élus locaux et des quatre députés de Limerick City. Il estime qu’ils ont « perdu tout intérêt » pour le centre-ville.
« Nous ne les avons pas entendus ni vus, ils ne se sont pas impliqués dans le centre-ville depuis qu’ils ont été élus. Je n’en citerais pas un seul, mais on ne les a pas vu manifester un quelconque intérêt pour la chute de notre ville. »
Michael Gleeson, propriétaire de Gleeson Shoes
Plusieurs facteurs expliquent, selon M. Gleeson, cette situation alarmante. Il évoque un sentiment d’insécurité ressenti par les clients, notamment les personnes âgées, en raison de la présence d’agents de circulation zélés et de « beaucoup d’indésirables » dans la rue. Il souligne également le nombre croissant de commerces qui ferment leurs portes, sans qu’aucun nouveau magasin de qualité ne vienne les remplacer au cours des dix dernières années.
M. Gleeson a déjà traversé plusieurs crises économiques, dont la crise du crédit du début des années 2010. Mais il insiste sur le fait que la situation actuelle est la plus difficile qu’il ait jamais connue. Il craint que l’augmentation des tarifs commerciaux, actuellement en discussion dans le cadre du budget des autorités locales pour 2026, ne constitue un coup de grâce pour de nombreux commerçants.
« La dernière chose dont nous avons besoin en ce moment, c’est d’une augmentation des dépenses. Une augmentation des tarifs pourrait être la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour de nombreux détaillants. »
Michael Gleeson, propriétaire de Gleeson Shoes
Le Conseil n’a pas répondu aux sollicitations de la presse concernant ces inquiétudes.
