Publié le 24 novembre 2025 à 21h01. Le commerce de détail du centre-ville de Limerick est confronté à une crise sans précédent, selon un commerçant de longue date qui tire la sonnette d’alarme à l’approche des fêtes de fin d’année.
- Michael Gleeson, propriétaire de Gleeson Shoes, exprime son découragement face à la fréquentation en baisse et craint pour l’avenir du commerce local.
- Il propose des mesures concrètes, comme la gratuité du stationnement en décembre et des incitations en périphérie, pour attirer de nouveau les clients.
- M. Gleeson critique le manque d’engagement des élus locaux envers le centre-ville et dénonce un sentiment d’insécurité ressenti par les clients.
Après quarante ans d’activité dans le centre-ville de Limerick, Michael Gleeson n’a jamais été témoin d’une situation aussi préoccupante pour le commerce de détail. Le propriétaire de Gleeson Shoes, situé rue William, s’alarme d’une baisse drastique de la fréquentation et d’un sentiment général de déclin qui menace la vitalité du cœur de la ville.
« La fréquentation est à un nouveau plus bas – et après avoir observé la situation pendant 40 ans, je suis bien placé pour dire ce que je dis. »
Michael Gleeson, propriétaire de Gleeson Shoes
M. Gleeson se dit particulièrement inquiet à l’approche de la période de Noël, traditionnellement la plus lucrative pour les commerçants. Il confie même ressentir un découragement qu’il n’avait jamais connu auparavant. Il explique que cette situation le préoccupe non seulement pour son entreprise familiale, mais aussi pour l’avenir de l’ensemble du centre-ville.
« C’est la première fois de ma vie que je me sens découragé quant à l’avenir du commerce de détail dans le centre-ville. J’en ai peur à ce stade. Je fais cela pour ma famille. Ils travaillent très dur et sont très enthousiastes à l’égard de cette entreprise. »
Michael Gleeson, propriétaire de Gleeson Shoes
Pour inverser cette tendance, M. Gleeson propose des solutions concrètes. Il plaide notamment pour la gratuité du stationnement dans les rues du centre-ville tout au long du mois de décembre, une mesure qu’il estime essentielle pour encourager les consommateurs à revenir. Il suggère également d’étudier la mise en place de parkings relais en périphérie de la ville, afin de faciliter l’accès au centre.
Le commerçant déplore un manque d’initiative de la part des autorités locales pour dynamiser le centre-ville. Il estime que les politiques actuelles semblent même décourager les gens de s’y rendre. Il souligne que cette situation a un impact direct sur le chiffre d’affaires des commerçants.
M. Gleeson critique vivement l’absence d’engagement des conseillers municipaux et des quatre députés (TD) de Limerick City. Il les accuse d’avoir « perdu tout intérêt » pour le centre-ville et de ne pas s’être impliqués dans sa revitalisation depuis leur élection.
« Nous ne les avons pas entendus ni vus, ils ne se sont pas impliqués dans le centre-ville depuis qu’ils ont été élus. Je n’en citerais pas un seul, mais on ne les a pas vu manifester un quelconque intérêt pour la chute de notre ville. »
Michael Gleeson, propriétaire de Gleeson Shoes
Plusieurs facteurs expliquent, selon M. Gleeson, le déclin du centre-ville. Il évoque un sentiment d’insécurité ressenti par les clients, notamment en raison de la présence d’agents de circulation et de contrôleurs de stationnement, ainsi que d’une certaine délinquance. Il souligne que les personnes âgées, en particulier, se sentent mal à l’aise de se promener dans les rues du centre.
M. Gleeson a déjà traversé plusieurs périodes de récession économique, dont la crise financière de 2010. Cependant, il affirme que la situation actuelle est la plus difficile qu’il ait jamais connue pour le commerce de détail. Il constate une multiplication des fermetures de magasins et déplore l’absence de nouvelles enseignes de qualité dans le centre-ville depuis une dizaine d’années.
Par ailleurs, les conseillers municipaux se sont réunis vendredi pour approuver le budget local pour 2026. Ce budget comprend notamment la fixation de la taxe foncière commerciale, un impôt prélevé sur les propriétaires d’entreprises en fonction de la taille de leurs locaux. M. Gleeson s’inquiète d’une éventuelle augmentation de cette taxe, qu’il considère comme une charge supplémentaire insupportable pour les commerçants.
« La dernière chose dont nous avons besoin en ce moment, c’est d’une augmentation des dépenses. Une augmentation des tarifs pourrait être la goutte d’eau qui fait déborder le vase pour de nombreux détaillants. »
Michael Gleeson, propriétaire de Gleeson Shoes
Le Conseil municipal n’a pas répondu aux sollicitations de la presse concernant ces inquiétudes.
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