L’espoir d’un retour au sommet s’est effrité pour les Red Sox de Boston, qui ont vu Alex Bregman, court-arrêt convoité, s’engager avec les Cubs de Chicago pour un contrat de 175 millions de dollars sur cinq ans. Cette perte intervient après une saison où Boston avait misé sur Bregman pour relancer ses ambitions, mais qui a été marquée par des tensions internes et le départ surprise de Rafael Devers.
L’arrivée de Bregman à Boston, au début du printemps dernier, avait été perçue comme un signal fort de la volonté du club de redevenir un prétendant sérieux. Associé à Rafael Devers, il devait former un duo offensif redoutable. L’acquisition du lanceur gaucher Garrett Crochet, via échange, renforçait également l’optimisme ambiant. Cependant, l’harmonie n’a pas duré. Devers, mécontent d’être relégué au poste de frappeur désigné pour laisser la place à Bregman, un meilleur défenseur au troisième but, a finalement été échangé en juin, abandonnant ainsi les 300 millions de dollars restants de son contrat.
Malgré ce contretemps, les Red Sox ont réussi à se qualifier pour les séries éliminatoires, avec Bregman comme figure de proue, bien qu’il ait manqué quelques matchs en raison d’une blessure. Leur parcours s’est arrêté face aux Yankees de New York, une équipe supérieure, mais l’avenir semblait prometteur. Le retour de Bregman, dont le contrat de 120 millions de dollars sur trois ans arrivait à échéance, était largement envisagé.
La nouvelle de son départ pour Chicago a donc pris de court les supporters, lors du Fenway Fest, un événement organisé samedi pour célébrer l’approche de la nouvelle saison. L’accord avec les Cubs comprend 70 millions de dollars différés, tandis que les Red Sox auraient proposé un contrat de 165 millions de dollars sur cinq ans, avec des reports étalés sur une période plus longue.
« Je pensais que c’était serré », a confié un dirigeant de la ligue, sous couvert d’anonymat. « Cinq ans, plus de 160 millions de dollars, ça devait être suffisant. Finalement, les joueurs ont obtenu le meilleur des deux mondes. C’est comme ça que ça se passe. »
Cette situation rappelle une tendance familière pour les Red Sox et leurs fans : l’incapacité à conclure des accords avec les agents libres les plus convoités. Les critiques se tournent souvent vers le propriétaire John Henry, accusé de privilégier les économies de coûts au détriment de la performance sportive. Cette intersaison, Boston a déjà manqué l’opportunité de s’attacher Pete Alonso, qui a signé avec les Orioles de Baltimore pour 155 millions de dollars sur cinq ans, un montant que les Red Sox n’ont jamais envisagé d’égaler. L’intérêt pour Kyle Schwarber, finalement resté à Philadelphie (avec un contrat de 150 millions de dollars avec les Phillies), n’a pas non plus abouti.
L’échange de Devers devait ouvrir la voie à Bregman et à son leadership, qui avait déjà eu un impact positif sur les jeunes joueurs comme Romain Antoine et Carlos Narváez. Désormais, les Red Sox doivent repartir de zéro, sans Devers et sans son remplaçant désigné. L’avenir immédiat pourrait passer par Bo Bichette, le joueur d’arrêt-court des Blue Jays de Toronto, mais son prix, estimé à 300 millions de dollars, semble prohibitif pour Boston.
Des inquiétudes subsistent également quant à la capacité défensive et à la durabilité de Bichette. À l’heure actuelle, les Red Sox pourraient débuter la saison avec Marcelo Mayer au troisième but et un duo composé de Romy González et David Hamilton à la deuxième base. Le club reconnaît que cette composition n’est pas idéale et étudie d’autres options.
Les Red Sox avaient anticipé un éventuel départ de Bregman dès la fin de la saison dernière et ont envisagé de privilégier un joueur de champ intérieur axé sur la défense, le contact et la discipline au marbre. Nico Hoerner, joueur de troisième but des Cubs, pourrait correspondre à ce profil, d’autant plus qu’il est potentiellement disponible après la signature de Bregman.
Bien que les Red Sox aient renforcé leur effectif par le biais d’échanges, en acquérant notamment le receveur Willson Contreras et le lanceur Sonny Gray, ils sont la seule équipe de la ligue à ne pas avoir signé un seul agent libre cet hiver. Cette situation soulève des questions quant à l’ambition réelle du club. « Je pense que nous sommes entrés dans l’intersaison avec des objectifs précis », a déclaré le directeur général, Sam Breslow, lors du Fenway Fest. « Nous voulions ajouter de la puissance à notre alignement et renforcer notre rotation de lanceurs partants. Nous pensons avoir accompli ces choses, mais nous sommes conscients qu’il reste du travail à faire. »
Le temps presse.
