Publié le 10 décembre 2025 14h48. La candidature de Sergio Fajardo à la présidence colombienne a subi un revers : sa demande de suppression d’une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, qu’il jugeait diffamatoire, a été rejetée par la Surintendance de l’Industrie et du Commerce (SIC).
- La SIC a estimé que la vidéo, bien que mentionnant Sergio Fajardo, ne relevait pas d’une violation des règles de protection des données personnelles.
- La vidéo en question fait partie d’une série documentaire hybride qui aborde des allégations de corruption en Colombie, notamment dans le cadre du projet Hidroituango.
- Fajardo craignait que cette vidéo ne constitue une campagne de désinformation visant à nuire à sa réputation et à influencer l’opinion publique.
Sergio Fajardo, candidat à la présidence colombienne, a vu sa demande de retrait d’une vidéo circulant sur les réseaux sociaux rejetée par la Surintendance de l’Industrie et du Commerce (SIC). Le candidat, représenté par un mandataire, estimait que cette vidéo faisait partie d’une campagne de désinformation orchestrée à son encontre.
Selon Fajardo, cette campagne diffamatoire aurait débuté dès les élections de 2022 et porterait préjudice à sa réputation, semerait la confusion parmi les citoyens et violerait ses droits fondamentaux. Il avait spécifiquement demandé le blocage temporaire d’une vidéo TikTok utilisant son image, sa voix et son nom sans autorisation, et potentiellement à des fins politiques.
Le candidat craignait que la diffusion de ce contenu ne constitue un traitement non autorisé de données personnelles sensibles, d’autant plus compte tenu de la portée du réseau social TikTok. Il avait notamment pointé du doigt les récentes difficultés rencontrées par TikTok en France en matière de transparence et de protection des utilisateurs.
Que répond la SIC ?
Malgré les préoccupations exprimées par le candidat, la Surintendance a examiné le lien vers la vidéo fourni par l’équipe de Fajardo. L’analyse a révélé que la vidéo, intitulée « Hidroituango : l’histoire », contenait des extraits où le candidat apparaissait.
Selon l’organisme de surveillance et de protection des droits des citoyens, la vidéo, décrite comme une « mini-série documentaire hybride » par la SIC, et diffusée par le compte @elcontralorcol, aborde des allégations de corruption en Colombie. L’histoire met en avant l’ancien contrôleur Felipe Córdoba, également candidat à la présidence.
Fajardo affirmait que la vidéo diffusait un « traitement non autorisé de données personnelles sensibles » et pouvait avoir des visées politiques. Dans ce documentaire, Córdoba est présenté comme un homme intègre, en contraste avec une série de politiciens corrompus, et l’image de Fajardo apparaît brièvement.
Une lacune juridique ?
Cependant, la SIC, s’appuyant sur la loi 1581 de 2012, a conclu que la demande de Fajardo ne répondait pas au critère de « portée ». L’organisme considère que les comptes personnels sur les réseaux sociaux ne sont généralement pas considérés comme des bases de données réglementées par cette loi.
En conséquence, la SIC estime qu’il ne serait pas pertinent d’exiger des utilisateurs des réseaux sociaux qu’ils respectent toutes les obligations d’un responsable de traitement des données – telles que les politiques de confidentialité, les systèmes d’autorisation ou les mesures de sécurité. Imposer de telles exigences serait, selon l’organisme, une « situation absurde » et contraire à l’esprit de la loi.
De plus, la SIC souligne que le contenu de la vidéo pourrait être protégé par la liberté d’expression et d’information, en particulier parce qu’il traite de sujets d’intérêt public et mentionne des personnalités politiques telles que Sergio Fajardo et Felipe Córdoba.
Selon la SIC, la loi applicable à la demande de Fajardo « n’a pas été conçue pour réglementer la publication occasionnelle d’informations personnelles sur les réseaux sociaux, ni pour restreindre les contenus liés à l’exercice de la liberté d’expression, même s’ils contiennent des images, des noms ou des références à des personnalités publiques.
Recours possibles
Dans sa décision, la SIC précise que « les débats sur la véracité de l’information, l’impact réputationnel ou les limites du discours politique doivent être résolus par des mécanismes judiciaires appropriés, et non par des procédures administratives de protection des données personnelles. »
