Publié le 2 décembre 2025 à 06h30. L’administration Trump a intensifié la pression sur le Venezuela, avec des menaces d’intervention militaire et des accusations de terrorisme, tandis que des négociations secrètes avec Nicolas Maduro semblent avoir échoué. La situation est exacerbée par des allégations concernant des ordres controversés donnés lors d’opérations militaires américaines en mer des Caraïbes.
- Donald Trump a rencontré lundi des hauts responsables de son administration pour discuter de la crise vénézuélienne.
- Des sources révèlent que Trump a exigé le départ immédiat de Maduro en échange d’une garantie de sécurité, une proposition rejetée par le régime.
- Des accusations graves pèsent sur le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, concernant un ordre présumé de tuer des survivants lors d’une opération contre des trafiquants de drogue.
Washington a durci sa posture à l’égard du Venezuela, confronté à une crise politique et économique profonde. L’armée américaine a déployé une importante force navale dans les Caraïbes, dans le cadre de l’« Opération Lance Sud », officiellement justifiée par la lutte contre le trafic de drogue. Cependant, cette présence militaire accrue est perçue par Caracas comme une menace directe.
Selon des informations rapportées par CNN et l’agence Reuters, la réunion de lundi à la Maison Blanche a rassemblé le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth ; le chef d’état-major interarmées, le général Dan Caine ; le secrétaire d’État, Marco Rubio ; le chef de cabinet, Susie Wiles, et le chef de cabinet adjoint, Stephen Miller. Cette rencontre intervient après que Trump a admis avoir eu un entretien téléphonique avec Nicolas Maduro le mois dernier.
« Je ne veux pas faire de commentaire. La réponse est oui. »
Donald Trump, président des États-Unis
Le président Trump a qualifié cet appel de simple conversation, sans donner de détails sur son contenu. Cependant, le journal Miami Herald, citant des sources proches de l’échange, affirme que Trump a lancé un ultimatum à Maduro, exigeant son départ immédiat du pouvoir pour faciliter une transition démocratique. Le régime vénézuélien aurait proposé de céder le contrôle politique à l’opposition, tout en conservant le contrôle des forces armées, une proposition jugée insuffisante par l’administration américaine.
Selon ces sources, Maduro aurait demandé une amnistie générale pour lui-même et ses proches, ainsi que la levée de toutes les sanctions américaines et la fin d’une procédure devant la Cour pénale internationale (CPI). Des demandes rejetées par Washington.
L’escalade de la tension s’est accompagnée d’une désignation controversée de Maduro et de ses alliés comme dirigeants du « Cartel des Soleils », une organisation terroriste étrangère selon l’administration américaine. Cette mesure, selon Washington, ouvre la voie à des options militaires plus larges pour agir contre le régime vénézuélien.
Parallèlement, des accusations graves ont été portées contre Pete Hegseth, accusé d’avoir donné l’ordre de tuer tous les membres d’équipage d’un navire suspecté de trafic de drogue lors d’une opération menée le 2 septembre. Selon le Washington Post, un drone a filmé deux survivants s’accrochant aux débris de leur embarcation après une première frappe. L’amiral Frank Bradley, commandant des opérations spéciales, aurait alors ordonné une seconde attaque qui a tué les deux hommes. Hegseth a nié ces accusations.
Ces allégations ont suscité l’indignation de législateurs des deux partis politiques américains. Le sénateur démocrate Tim Kaine a déclaré que, si les faits étaient avérés, il s’agirait d’un « crime de guerre ». Des enquêtes ont été ouvertes par les commissions des forces armées du Congrès.
« Si c’est vrai, cela équivaut à un crime de guerre. »
Tim Kaine, sénateur démocrate (Virginie)
La Maison Blanche a défendu les actions de l’amiral Bradley, affirmant qu’il avait agi « correctement, dans le cadre de son autorité et de la loi ». La porte-parole de la Maison Blanche, Caroline Leavitt, a également justifié la politique de l’administration Trump en matière de lutte contre le trafic de drogue, soulignant que le fentanyl provenant du Venezuela a causé la mort de nombreux Américains.
L’Assemblée nationale du Venezuela, contrôlée par le régime, a suspendu une session extraordinaire consacrée à l’examen des attaques américaines contre les navires soupçonnés de trafic de drogue, la repoussant à mardi.
