Publié le 4 octobre 2025 à 07h55. Un concert exceptionnel a réuni jeudi soir à San Francisco une constellation de stars de la musique country et folk pour célébrer les 25 ans du festival Hardly Strictly Bluegrass et rendre hommage à Emmylou Harris, figure emblématique du genre.
- Joan Baez, Bonnie Raitt, Lucinda Williams et de nombreux autres artistes ont participé à cet événement unique.
- Le concert, complet dans l’heure suivant la mise en vente des billets, s’inscrit dans le cadre du 25e anniversaire du festival Hardly Strictly Bluegrass.
- L’événement a également servi à soutenir la fondation de protection animale de Emmylou Harris, Bonaparte’s Retreat.
Le Masonic Auditorium de San Francisco a scintillé jeudi soir sous les projecteurs braqués sur un plateau artistique impressionnant. Emmylou Harris était à l’honneur, célébrée par ses pairs lors d’un concert exceptionnel qui a précédé le week-end festif du 25e anniversaire du festival Hardly Strictly Bluegrass (HSB), qui se déroule jusqu’à dimanche au Golden Gate Park.
L’événement, qui a affiché complet en un temps record, a vu défiler sur scène des légendes telles que Joan Baez, Bonnie Raitt, Lucinda Williams, Rodney Crowell, Allison Russell, Steve Earle, Shawn Colvin, Rosanne Cash, Sam Bush, Patty Griffin, Albert Lee, Margo Price et Buddy Miller, sans oublier, bien sûr, la principale intéressée, Emmylou Harris.
Le concert a été conçu comme un hommage à la carrière musicale prolifique de Harris, débutée à la fin des années 1960, et à sa fidélité sans faille au festival HSB depuis sa création en 2001 par le philanthrope Warren Hellman. Elle est d’ailleurs programmée pour assurer la clôture du festival dimanche à 17h30.
Margo Price, étoile montante de la scène country de Nashville, a ouvert le bal avec émotion :
« C’est un tel honneur d’être ici. (Harris) est l’une de mes stars du Nord. J’espère vous faire fier, Emmy. »
Buddy Miller, collaborateur de longue date d’Harris et directeur musical de la soirée, a ensuite interprété «One of These Days», un titre que Harris a popularisé dans les années 1970. La soirée a continué sur cette lancée, chaque artiste rendant hommage à Harris en interprétant des chansons écrites par elle ou associées à sa carrière.
Steve Earle a évoqué l’influence de Harris sur la reconnaissance de Gram Parsons, pionnier de la «musique cosmique américaine», tout en soulignant la trajectoire ascendante de la chanteuse :
« Il y a beaucoup de gens dans le monde qui ne savent qui était Gram Parsons que grâce à Emmylou Harris. »
Il a ensuite interprété avec Miller «Sin City», une composition de Parsons et Chris Hillman.
Sam Bush, membre du groupe Nash Ramblers de Harris dans les années 1990, a partagé un souvenir nostalgique :
« Ces cinq années ont été parmi les plus heureuses de ma vie. »
Il a ensuite interprété «Walls of Time», un titre qu’il avait partagé avec Harris sur l’album «At The Ryman».
Le moment fort de la soirée est venu avec l’apparition surprise de Joan Baez, qui a offert une interprétation bouleversante de «Hickory Wind», un classique de l’album «Sweetheart of the Rodeo».
Emmylou Harris a finalement rejoint la scène au début du deuxième set, d’abord aux côtés de Miller pour une version intimiste de «Wounded Heart», puis avec Patty Griffin et Shawn Colvin pour un quatuor harmonieux. Les quatre artistes ont interprété «Love and Happiness», une chanson co-écrite par Harris et Kimmy Rhodes.
Allison Russell et Bonnie Raitt ont également marqué les esprits avec leurs interprétations respectives de «Red Dirt Girl» et «I Don’t Wanna Talk About It». Raitt a confié :
« Je n’avais jamais su qu’elle avait un côté sombre jusqu’à ce que j’entende cette chanson. »
Le concert s’est achevé sur une reprise collective de «Save the Last Dance», un hommage vibrant à Emmylou Harris et à son héritage musical.
L’événement a également permis de sensibiliser le public à la fondation Bonaparte’s Retreat, créée par Harris pour venir en aide aux animaux abandonnés (bonapartesretreat.org).
