Publié le 18 octobre 2025 17h30. Une étude allemande ouvre des perspectives encourageantes pour les femmes atteintes d’un cancer du sein résistant aux traitements hormonaux classiques, grâce à une approche personnalisée ciblant le métabolisme des médicaments.
- Une nouvelle stratégie thérapeutique, basée sur l’administration combinée de tamoxifène et d’endoxifène (Z), pourrait améliorer l’efficacité des traitements hormonaux chez les patientes dont l’organisme métabolise mal le tamoxifène.
- L’étude révèle que cette combinaison permet d’atteindre des concentrations sanguines similaires à celles observées chez les patientes métabolisant normalement le médicament, suggérant une efficacité comparable.
- Des essais cliniques de phase intermédiaire sont en cours aux États-Unis, avec une possible demande d’autorisation de mise sur le marché auprès de la FDA en 2026.
Le cancer du sein à récepteurs hormonaux positifs (ER/PR+), le plus fréquent des cancers du sein, est particulièrement sensible aux fluctuations hormonales, notamment des œstrogènes et de la progestérone. L’hormonothérapie, pilier du traitement, vise à bloquer ou à réduire l’action de ces hormones qui alimentent la croissance tumorale. Ce type de cancer est plus souvent diagnostiqué chez les femmes plus jeunes, avant la ménopause, en raison de niveaux hormonaux plus élevés.
Les patientes dont le cancer du sein ne répond pas suffisamment au tamoxifène, un médicament utilisé depuis des décennies dans le traitement hormonal, pourraient bénéficier d’une nouvelle approche. Des chercheurs allemands ont découvert que l’ajout d’endoxifène (Z), la forme active du tamoxifène, permettait d’augmenter significativement l’efficacité du traitement.
Le tamoxifène agit en empêchant les œstrogènes de se fixer aux récepteurs présents à la surface des cellules cancéreuses, freinant ainsi leur développement. Pour être pleinement efficace, le tamoxifène doit être transformé dans l’organisme par une enzyme appelée CYP2D6 en endoxifène (Z). Or, environ un tiers des patientes présentent un déficit en cette enzyme, souvent d’origine génétique, ce qui limite l’action du médicament.
En général, les femmes ménopausées peuvent se tourner vers les inhibiteurs de l’aromatase, une autre classe de médicaments. Cependant, cette option n’est pas toujours adaptée aux patientes plus jeunes. L’étude allemande, récemment publiée dans la revue Clinical Cancer Research, suggère que l’administration directe d’endoxifène (Z) pourrait compenser ce déficit enzymatique et restaurer l’efficacité de l’hormonothérapie.
L’étude a porté sur 235 femmes diagnostiquées avec un cancer du sein hormonal précoce. Elles ont reçu soit du tamoxifène seul, soit une combinaison de tamoxifène et d’endoxifène (Z), en fonction de leur capacité à métaboliser le médicament. Les patientes ayant bénéficié du traitement combiné ont présenté des concentrations sanguines d’endoxifène (Z) comparables à celles des patientes métabolisant normalement le tamoxifène, indiquant une efficacité thérapeutique similaire.
Les effets secondaires observés étaient légers et comparables dans les deux groupes, ce qui suggère une bonne tolérance à la supplémentation en endoxifène (Z).
« Grâce à cette approche, nous offrons une première solution efficace à un problème de longue date : l’efficacité insuffisante du tamoxifène chez un nombre important de patientes »
Dr Matthias Schwab, responsable de l’étude à l’Institut Dr Margarete Fischer-Bosch de pharmacologie clinique de Stuttgart
Un essai clinique de phase intermédiaire, évaluant l’endoxifène (Z) chez des femmes préménopausées atteintes d’un cancer du sein hormonal précoce, est actuellement en cours aux États-Unis. La société pharmaceutique Atossa Therapeutics, qui finance l’étude, prévoit de soumettre une demande d’autorisation à la Food and Drug Administration (FDA) américaine d’ici 2026.
