Londres se positionne de plus en plus comme un pôle majeur de la finance durable, tandis que l’attention et les investissements se détournent progressivement des États-Unis, confrontés à une incertitude politique croissante en matière de climat. Cette tendance s’est affirmée lors de la récente Semaine d’action pour le climat de Londres, qui a rassemblé 45 000 participants autour de 700 événements.
L’enquête menée par le Conseil mondial des entreprises pour le développement durable (WBCSD) et Bain & Company, dévoilée durant la semaine londonienne, révèle un changement significatif dans les priorités d’investissement des grandes entreprises. Si l’engagement envers les solutions vertes reste fort, 75 % des entreprises interrogées envisagent désormais de concentrer leurs efforts sur l’Europe et l’Asie.
« Les entreprises n’abandonnent pas la voie de la décarbonation, mais elles sont plus ou moins disposées à en parler, selon l’endroit où elles sont implantées », a déclaré Peter Bakker, président et directeur général du WBCSD. Cette prudence est particulièrement notable aux États-Unis, où 50 % des entreprises se montrent désormais moins intéressées à investir dans des initiatives climatiques, un chiffre alarmant comparé à la tendance mondiale.
Malgré ce recul, le travail climatique aux États-Unis ne s’arrête pas pour autant. De nombreux dirigeants américains du secteur privé et financier ont confié, en aparté, qu’ils continuaient de trouver des opportunités de réduire leurs émissions tout en réalisant des économies, craignant toutefois une éventuelle réaction de l’administration en cas de communication publique.
La Semaine d’action pour le climat de Londres a mis en évidence l’opportunité économique que représente la transition énergétique. Les entreprises présentes ont cherché à tirer profit des initiatives climatiques et de développement durable, que ce soit par l’amélioration de l’efficacité énergétique ou par la création de nouveaux produits financiers dédiés aux énergies renouvelables.
Chris Hayward, président politique de la City de Londres, a souligné le positionnement favorable du Royaume-Uni dans ce contexte : « Alors que les investisseurs scrutent le monde entier à la recherche de destinations pour leurs capitaux, je pense que nous sommes dans une position très avantageuse compte tenu de la conjoncture géopolitique actuelle. » La City de Londres, centre financier historique, ambitionne de devenir une plaque tournante mondiale pour la finance durable.
L’approche de la Semaine du climat de New York, événement annuel clé du calendrier climatique en septembre, suscite également des interrogations. Si de nombreux responsables du développement durable ont envisagé de réduire leur participation, la majorité a finalement décidé de maintenir leur présence, même avec une empreinte potentiellement plus réduite. Le calibrage du message à New York cet automne s’annonce donc délicat, marqué par une certaine réticence à communiquer ouvertement.
