Publié le 27 octobre 2025 08:00:00. Entre deux périodes d’activité intense, l’envie de ne rien faire, de se laisser aller à des plaisirs simples comme regarder la télévision ou tricoter, est-elle un luxe inatteignable ou un besoin fondamental ? Une réflexion sur la productivité, le capitalisme et notre rapport au repos.
- L’auteure explore le paradoxe entre une vie active et le désir de moments de pure paresse.
- Elle critique l’industrie du bien-être et le capitalisme qui encouragent une consommation accrue même dans les moments de détente.
- Elle suggère que notre capacité à l’indolence est peut-être plus limitée que ce que l’on croit, et que le repos peut stimuler la créativité.
Après une période chargée, que ce soit par le travail ou par une vie sociale intense, l’idée d’une pause prolongée, d’un ralentissement du rythme, peut sembler séduisante. L’auteure confie ressentir parfois le simple désir de passer ses journées à regarder la télévision et à tricoter. Un sentiment qu’elle partage avec son fils, qui, après avoir terminé ses études, aspirait à des matins tardifs, des journées sans contraintes et des collations à des heures inhabituelles.
Si cette perspective peut sembler attrayante, elle s’avère rapidement frustrante pour beaucoup. Son fils, après quelques jours de farniente, a ressenti le besoin de structure, de travail et d’activité. L’auteure elle-même, tout en appréciant sa liberté et la possibilité de concilier travail et loisirs, se retrouve constamment à jongler entre réunions, séances de sport et obligations professionnelles. Elle décrit une journée typique où elle enchaîne les activités, allant d’une réunion à un cours de fitness en passant par la préparation du dîner, tout en gardant à l’esprit une critique de livre à rendre.
Cette quête incessante de productivité est, selon l’auteure, alimentée par une culture qui valorise l’effort et l’autodiscipline. L’industrie du bien-être et le capitalisme, en particulier, encouragent une consommation accrue, même dans les moments de détente. Il s’agit d’acheter les vêtements appropriés pour se reposer, les bougies parfumées pour créer l’ambiance idéale, ou de suivre des cours pour apprendre à se détendre “correctement”, le tout documenté sur les réseaux sociaux. L’industrie du bien-être propose ainsi une solution à la fatigue, mais une solution qui reste consumériste.
L’auteure nuance cependant cette critique en reconnaissant que même des activités apparemment passives comme le tricot ou le visionnage de programmes télévisés ne sont pas exemptes de considérations économiques et de consommation. Elle souligne que la production et la diffusion de programmes télévisés ont un coût, et que même l’achat de fil durable auprès de petits détaillants reste une forme d’achat. Néanmoins, elle admet que ces moments de détente, même s’ils sont “illicites” dans un monde axé sur la productivité, sont nécessaires après un travail intense.
Elle se souvient avoir tenté de convaincre ses étudiants que la valeur humaine ne peut être mesurée par des indicateurs de productivité, et que l’idée que nous sombrerions dans la paresse sans la pression du capitalisme est probablement fausse. Comme nous nous réveillons après un sommeil réparateur avec l’envie de bouger, la curiosité et la créativité refont surface après une période de repos. L’auteure conclut que notre culture nous apprend rarement à faire confiance à notre esprit et à notre corps, mais que si nous nous accordons le temps de l’expérience, nous découvrirons peut-être que notre appétit pour l’indolence est plus rapidement satisfait que nous ne le pensons.
