Publié le 30 décembre 2025 à 10h22, mis à jour à 13h15. L’Arabie saoudite a mené des frappes sur la ville portuaire yéménite de Mukalla, en réponse à un envoi d’armes en provenance des Émirats arabes unis, exacerbant les tensions dans le conflit yéménite.
- L’Arabie saoudite a bombardé Mukalla suite à l’arrivée de navires transportant des armes destinées au Conseil de transition du Sud (CTS).
- Cette action marque une escalade des tensions entre Riyad et le CTS, soutenu par Abou Dhabi, et met à l’épreuve les relations entre les deux puissances du Golfe.
- Le gouvernement yéménite a décrété l’état d’urgence et ordonné le départ des forces émiraties du territoire dans les 24 heures.
L’Arabie saoudite a justifié ses frappes en affirmant qu’elles visaient une cargaison d’armes provenant des Émirats arabes unis et destinée au Conseil de transition du Sud (CTS), un groupe séparatiste du sud du Yémen. Selon un communiqué militaire saoudien, les navires en provenance de Fujairah, une ville portuaire émiratie, transportaient une quantité importante d’armes et de véhicules de combat.
Cette attaque intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Riyad et le CTS. Initialement membre de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite intervenue au Yémen en 2015 contre les rebelles houthis, le CTS a ensuite exigé l’autonomie gouvernementale dans le sud, ce qui a conduit à l’effondrement de l’alliance.
Depuis 2022, le CTS fait partie d’une alliance contrôlant les zones du sud du Yémen non contrôlées par les Houthis, avec le soutien des Émirats arabes unis. Cette situation était jusqu’à récemment tolérée par l’Arabie saoudite.
L’attaque a été annoncée avec un avertissement aux civils, leur demandant de se mettre en sécurité. L’armée saoudienne a précisé que les frappes avaient été menées de nuit afin d’éviter tout dommage collatéral.
En réaction, le gouvernement yéménite a décrété l’état d’urgence et fermé tous les postes frontaliers sous son contrôle. Il a également suspendu sa coopération avec les Émirats arabes unis dans la lutte contre les Houthis et a ordonné à toutes les forces émiraties de quitter le territoire dans les 24 heures.
Le ministère saoudien des Affaires étrangères a qualifié les actions des Émirats d’« extrêmement dangereuses » et a averti que toute menace à la sécurité nationale de l’Arabie saoudite serait considérée comme une « ligne rouge ». Riyad soutient également la demande du gouvernement yéménite appelant à la retraite des forces émiraties dans les 24 heures.
Les Émirats arabes unis ont exprimé leur déception face à l’attitude de l’Arabie saoudite et se sont dits surpris par l’attaque contre les navires, affirmant qu’ils transportaient uniquement des marchandises destinées aux forces émiraties au Yémen.
