Publié le 24 septembre 2023 10:45:00. Face à une escalade des tensions avec l’Iran, les pays du Golfe, en tête l’Arabie saoudite, multiplient les initiatives diplomatiques et expriment leurs inquiétudes à Washington quant aux conséquences d’une éventuelle action militaire.
- L’Arabie saoudite a indiqué qu’elle ne permettrait pas l’utilisation de son espace aérien pour des opérations contre l’Iran.
- Ryad a mené des consultations diplomatiques intensives avec ses voisins régionaux, notamment Oman et le Qatar.
- Les pays du Golfe ont mis en garde les États-Unis contre les répercussions d’une attaque sur l’Iran, notamment sur le marché pétrolier mondial et l’économie américaine.
L’Arabie saoudite, pilier de l’alliance américaine dans la région, s’active en coulisses pour désamorcer les tensions croissantes entre les États-Unis et l’Iran. Selon des sources proches du gouvernement saoudien, citées par l’Agence France-Presse et Al Arabiya, Ryad ne donnera pas son accord pour que son espace aérien serve de base à une éventuelle offensive contre la République islamique. Cette position ferme intervient alors que Washington semble se préparer à une réponse militaire suite à des incidents récents.
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Amir Faisal bin Farhan, a eu des entretiens téléphoniques avec ses homologues omanais, Badr Al Busaidi, et qatari, Cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al Thani, Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar. Le ministère saoudien a souligné que la priorité de Ryad reste la préservation de la sécurité et de la stabilité régionale.
Parallèlement, les pays du Golfe ont exprimé leurs préoccupations à l’administration Trump, appelant à la prudence et à l’abandon de toute attaque contre l’Iran, alors que des manifestations anti-gouvernementales se multiplient dans ce pays. Le Wall Street Journal rapporte que ces nations arabes ont mis en garde Washington contre les conséquences potentiellement désastreuses d’une action militaire sur le marché pétrolier mondial et sur l’économie américaine. Les alliés des États-Unis, dont l’Arabie saoudite, Oman et le Qatar, ont souligné que viser un changement de régime en Iran pourrait avoir des effets déstabilisateurs considérables.
Amir Faisal bin Farhan a également eu une conversation directe avec son homologue iranien, Abbas Araghchi, dans le cadre de ces efforts diplomatiques visant à apaiser les tensions. Ces échanges témoignent de la volonté de Ryad de jouer un rôle de médiateur et de prévenir une nouvelle escalade dans une région déjà fragilisée.
