Publié le 2024-02-29 14:35:00. Une étude menée en Grèce révèle des disparités significatives en matière de santé métabolique chez les populations immigrées, avec des différences notables entre les hommes et les femmes, liées à leur alimentation et à leur mode de vie.
- Les femmes immigrées présentent des taux plus faibles de vitamine D et de ferritine, ainsi qu’une prévalence accrue de carences en vitamine B12 et d’hyperglycémie.
- Les hommes immigrés affichent des niveaux plus élevés de triglycérides, de créatinine et de ferritine.
- Une alimentation de type occidental est associée à une inflammation accrue, tandis que la consommation de poisson pourrait avoir un effet bénéfique sur les niveaux de vitamine D.
Les populations immigrées sont particulièrement vulnérables aux troubles métaboliques en raison des changements alimentaires, des difficultés socio-économiques et des influences culturelles. Cette étude, menée auprès de 393 adultes immigrés en Grèce, a cherché à identifier les différences spécifiques entre les hommes et les femmes en matière de biomarqueurs métaboliques, et à comprendre comment ces différences sont liées à leurs habitudes alimentaires et à leur mode de vie.
L’étude, de type transversale, a consisté à analyser des échantillons de sang et à recueillir des informations détaillées sur l’alimentation et le mode de vie des participants grâce à des questionnaires structurés. Les analyses biochimiques ont porté sur divers marqueurs, notamment les taux de glucose, de lipides, la fonction hépatique et rénale, les niveaux de micronutriments et les indicateurs d’inflammation.
L’apport alimentaire a été évalué à l’aide d’un questionnaire de fréquence validé, puis analysé par une méthode statistique appelée analyse en composantes principales (ACP). Les chercheurs ont ensuite utilisé des modèles statistiques pour étudier les liens entre les différents paramètres mesurés.
Les résultats ont révélé des différences marquées entre les sexes. Les femmes immigrées présentaient des taux significativement plus faibles de vitamine D sérique (p < 0,001) et de ferritine (p = 0,002), ainsi qu’une prévalence plus élevée d’hypoalbuminémie (faible taux d’albumine dans le sang), de carence en vitamine B12 et d’HbA1c élevée, un indicateur de contrôle glycémique. À l’inverse, les hommes avaient des niveaux plus élevés de triglycérides, de créatinine et de ferritine.
L’étude a également mis en évidence des corrélations fortes entre certains biomarqueurs. Par exemple, une forte corrélation positive a été observée entre la phosphatase alcaline et la créatinine (rs = 0,723, p < 0,001), ainsi qu’entre l’aspartate aminotransférase (SGOT-AST) et l’albumine (rs = 0,737, p < 0,001). De plus, le modèle alimentaire identifié comme étant de type occidental, riche en aliments transformés, était positivement associé à la protéine C-réactive (β = 0,051, p = 0,041), un marqueur de l’inflammation.
La consommation de poisson a montré une association positive, bien que limite, avec les niveaux de vitamine D (β = 0,063, p = 0,094). Enfin, l’étude a constaté que le tabagisme et la consommation d’alcool étaient plus fréquents chez les hommes, tandis que l’activité physique ne différait pas significativement entre les sexes.
En conclusion, cette recherche souligne l’importance de prendre en compte les vulnérabilités spécifiques liées au sexe et les facteurs liés au mode de vie pour améliorer la santé métabolique des populations immigrées. Les taux élevés de carences nutritionnelles et de dérégulation métabolique observés mettent en évidence la nécessité de développer des stratégies de prévention adaptées à la culture et des interventions nutritionnelles basées sur l’évaluation précise des biomarqueurs.
