Publié le 2025-11-03 17:30:00. Face à une recrudescence des cas de chikungunya et de dengue, Cuba va lancer des essais cliniques pour évaluer l’efficacité de son médicament national Juzvinza sur les séquelles articulaires de l’infection, dans un contexte de crise sanitaire et de pénurie de médicaments.
- Cuba va tester le médicament Juzvinza sur des patients souffrant des conséquences du chikungunya.
- L’étude se déroulera dans quatre hôpitaux de La Havane et de Matanzas.
- Cette initiative intervient alors que le système de santé cubain est sous tension, confronté à une augmentation des maladies transmises par les moustiques et à un manque de ressources.
Les autorités cubaines s’apprêtent à évaluer l’efficacité de Juzvinza, un médicament développé par le Centre de génie génétique et de biotechnologie (CIGB), pour soulager les douleurs articulaires persistantes après une infection au virus chikungunya. L’essai clinique, annoncé par le ministère de la Santé publique (Minsap) sur son site web, se concentrera sur quatre hôpitaux situés dans les provinces de La Havane et de Matanzas.
Juzvinza avait déjà été présenté en 2020 comme une alternative thérapeutique prometteuse pour contrôler l’hyperinflammation, réguler la réponse immunitaire et réduire le risque de mortalité chez les patients atteints de coronavirus. Cette nouvelle application témoigne de la volonté du gouvernement cubain de mobiliser ses ressources en matière de biotechnologie pour faire face aux défis sanitaires actuels.
Cette décision fait écho à une situation sanitaire préoccupante à Cuba, marquée par une forte augmentation des cas de maladies transmises par les moustiques, notamment la dengue et le chikungunya. La multiplication des infections a conduit à la saturation des hôpitaux, à une pénurie croissante de médicaments et à des plaintes de la population concernant le manque de soins et la détérioration des infrastructures sanitaires. Des allégations de corruption dans les campagnes de fumigation ont également été rapportées.
Selon le Dr Ileana Morales Suárez, directrice de la science et de l’innovation technologique au Minsap, les recherches actuelles visent à renforcer la lutte contre les populations de moustiques vecteurs, à améliorer les traitements cliniques et à atténuer les conséquences à long terme de l’infection virale.
María Guadalupe Guzmán Tirado, directrice de recherche à l’Institut Pedro Kourí (IPK), a souligné que l’augmentation des cas d’infection est liée à la faible immunité de la population et à la forte circulation du virus dans le pays.
« L’augmentation des infections est due à la faible immunité de la population et à l’intensité actuelle de la circulation du virus dans le pays. »
María Guadalupe Guzmán Tirado, directrice de recherche à l’Institut Pedro Kourí (IPK)
Si le Minsap présente ces recherches comme une avancée scientifique, la réalité observée dans les hôpitaux et les polycliniques cubains est celle d’un système de santé dépassé, manquant de ressources et confronté à un personnel épuisé. La prévention et le traitement dépendent de plus en plus de l’initiative citoyenne, au détriment de l’action des institutions publiques. Des témoignages font état de difficultés d’accès aux soins, notamment dans des régions comme Guantánamo, où des abris d’urgence ont dû être activés pour accueillir les enfants en raison de l’augmentation des cas. Plus d’informations sur la situation à Guantánamo.
La pénurie de médicaments, signalée par plusieurs sources, constitue un défi majeur pour la prise en charge des patients et soulève des inquiétudes quant à la capacité du système de santé à répondre à la demande croissante.
