La sécheresse extrême qui frappe l’Europe cet été révèle des vestiges archéologiques insoupçonnés et perturbe le transport fluvial, exacerbant les inquiétudes liées au changement climatique.
Le niveau du fleuve Waal aux Pays-Bas a atteint un point critique, passant en dessous du niveau inférieur des ponts. En Allemagne, le Rhin, artère vitale pour le transport de marchandises, est tellement asséché qu’il entrave la navigation. Martina Becker, de la société allemande HGK Shipping, souligne l’exceptionnalité de la situation : « C’est assez extraordinaire, surtout à cette période de l’année. Il s’agit d’une situation inhabituelle pour nous, et la question est de savoir ce qui se passera en octobre, lorsque les mois habituellement secs arriveront. » Elle précise que les niveaux d’eau se rapprochent dangereusement des records de 2018 et pourraient être atteints dès la semaine prochaine.
En Espagne, la baisse du niveau d’un réservoir dans la province de Cáceres a permis de remettre au jour un trésor préhistorique : le Dolmen de Guadalperal, surnommé le « Stonehenge espagnol ». Ce monument mégalithique, datant de plusieurs milliers d’années, n’était visible que quatre fois depuis les années 1960, ayant été submergé après la construction du barrage sous la dictature de Francisco Franco.
Par ailleurs, la sécheresse fait réapparaître les « pierres de la faim », des marqueurs anciens placés par les populations lors des périodes de disette. Ces pierres, qui témoignent des difficultés passées, sont un rappel poignant de la vulnérabilité face aux épisodes de sécheresse.
Selon la NASA, la planète s’est déjà réchauffée de 1,2°C (2,1 degrés Fahrenheit) depuis 1880, et ce réchauffement climatique aggrave les phénomènes météorologiques extrêmes tels que les sécheresses. Les experts soulignent qu’il est impératif de réduire drastiquement notre dépendance aux combustibles fossiles afin d’enrayer ce cycle infernal.
