Publié le 06 décembre 2025 à 04h16. Netflix, leader mondial du streaming, va acquérir Warner Bros Discovery, propriétaire de HBO Max, pour la somme record de 82,7 milliards de dollars (71 milliards d’euros), une opération qui suscite déjà de vives inquiétudes à Hollywood.
- Netflix s’offre Warner Bros Discovery, incluant des franchises emblématiques comme Harry Potter et Friends.
- Cette fusion, la plus importante du secteur depuis le rachat de Fox par Disney en 2019, pourrait bouleverser l’équilibre du marché du streaming.
- Des figures influentes du cinéma, comme James Cameron, expriment leur crainte d’une accélération du déclin des salles obscures.
Une bataille acharnée pour le contrôle de l’industrie du divertissement a vu Netflix l’emporter sur Paramount (fusionné avec Skydance sous la direction de David Ellison) et Comcast. Warner Bros Discovery avait été mis en vente en octobre 2025 suite à plusieurs offres de Paramount, mais c’est finalement Netflix qui a conclu un accord définitif ce vendredi 5 décembre.
Le géant américain du streaming déboursera près de 83 milliards de dollars pour s’offrir le studio centenaire. Dans un communiqué, Netflix met en avant une alliance entre deux entreprises pionnières, combinant sa portée mondiale et « l’héritage séculaire » de Warner Bros.
Cette acquisition donnera à Netflix l’accès à un catalogue prestigieux, comprenant des sagas comme Harry Potter, la série Friends, ainsi que des classiques du cinéma tels que Casablanca et Citizen Kane. L’opération inclut également le service de vidéo à la demande HBO Max. Le PDG de Netflix, Ted Sarandos, anticipe une offre groupée potentiellement plus avantageuse pour les abonnés que les deux abonnements séparés.
« Ce serait un désastre » prévient James Cameron
L’annonce a provoqué une onde de choc à Hollywood. De nombreux professionnels du secteur craignent que cette fusion n’accélère le transfert du cinéma vers le streaming, au détriment des salles obscures. Aux États-Unis, les négociations s’intensifient autour de la « fenêtre d’exclusivité » : Netflix propose une diffusion en salles de 17 jours, tandis qu’AMC, le premier circuit américain, exige 45 jours.
En conséquence, aucun des films Netflix en lice pour les Oscars (Une maison de dynamite, Réveillez-vous l’homme mort, Frankenstein) n’a été distribué par les trois principaux réseaux de salles (AMC, Regal, Cinemark).
Le réalisateur des blockbusters Titanic et Avatar, James Cameron, a exprimé son inquiétude dans une interview accordée à Puck :
« Netflix serait un désastre. Désolé, Ted [Sarandos], mais bon sang ! »
James Cameron, réalisateur
Netflix tente de rassurer en affirmant qu’elle maintiendra les sorties de films en salles et qu’elle continuera d’investir dans la création de contenus originaux.
Un pouvoir « excessif » sur le marché du streaming
Ce rachat doit encore être approuvé par les actionnaires de Warner Bros et les autorités de régulation américaines. L’opération suscite des inquiétudes à la Maison Blanche, notamment en raison du risque de conférer à Netflix un pouvoir excessif sur le marché du streaming.
Selon Kathleen Brooks, de XTB, le rachat fera probablement « l’objet d’un examen approfondi de la part des régulateurs américains et européens, car il soulève des craintes légitimes de monopole ». Elle ajoute que « si l’accord échoue ou n’obtient pas les approbations nécessaires, Netflix devra verser près de 6 milliards de dollars à Warner Bros. »
Ce point faible représente un atout pour les concurrents de Netflix, Paramount et Comcast, qui suscitent moins de préoccupations politiques.
