Publié le 24 novembre 2025. Si la capacité à mentir était longtemps considérée comme une spécificité humaine, des études récentes révèlent que de nombreux animaux sont capables de tromper, parfois de manière sophistiquée, soulevant des questions sur l’origine de ce comportement.
- Certains primates, comme les singes capucins à face blanche et les mangabeys à tête rouge, utilisent des stratégies de tromperie intentionnelles pour manipuler leur environnement social.
- Des animaux utilisent le mimétisme et le camouflage pour tromper leurs prédateurs ou leurs proies.
- La question de savoir si ces comportements reposent sur une réelle « théorie de l’esprit » ou sur un simple apprentissage reste ouverte.
La communication, même mensongère, est une caractéristique souvent associée à l’intelligence humaine. Mais peut-on parler de mensonge chez les animaux ? La réponse semble de plus en plus nuancée. Si le camouflage et le mimétisme sont des formes de tromperie instinctives, d’autres comportements observés chez certaines espèces suggèrent une capacité à manipuler intentionnellement les autres.
Des chercheurs ont notamment observé des primates faire preuve d’une tromperie élaborée. Les singes capucins à face blanche, par exemple, peuvent émettre de faux appels d’alarme pour éloigner leurs congénères d’une source de nourriture et en profiter seuls. Les mangabeys à tête rouge, quant à eux, dissimulent l’emplacement de leur nourriture à leurs camarades de groupe. Un chimpanzé, vivant dans un parc animalier, a même été surpris cachant une pierre à son gardien, dans l’intention de la présenter plus tard aux visiteurs.
La tromperie ne se limite pas aux primates. Le coucou, par exemple, imite les cris des poussins d’autres espèces pour inciter les parents à nourrir son propre petit. D’autres animaux, confrontés à un danger, simulent la mort ou la blessure pour échapper à leurs prédateurs. Le paon mâle, quant à lui, déploie son plumage spectaculaire pour attirer les femelles, même si sa condition physique réelle n’est pas toujours à la hauteur de l’apparence.
Une étude menée en 2019 a mis en lumière la possibilité que certains animaux possèdent une forme de « théorie de l’esprit », c’est-à-dire la capacité à attribuer des états mentaux – croyances, intentions, désirs – à autrui. Cette capacité est considérée comme un prérequis pour la tromperie intentionnelle.
Cependant, les scientifiques restent prudents. Il est encore difficile de déterminer si ces comportements reposent sur une réelle compréhension des états mentaux des autres ou sur un simple apprentissage par observation et imitation. La nature exacte de ces stratégies de tromperie chez les animaux reste donc un domaine de recherche actif.
(hps/fay)
