Publié le 1er octobre 2025 à 20h20. La comédie tchécoslovaque Vrchní Prchni (Fuyez! en français), avec Josef Abrham, continue de séduire des générations de spectateurs, révélant au-delà de son humour une critique subtile du régime socialiste de l’époque.
- La comédie Fuyez!, sortie en 1980, attire encore aujourd’hui des centaines de milliers de spectateurs chaque année.
- Le duo de réalisateurs Ladislav Smoljak et Zdeněk Svěrák, à l’origine de nombreux succès, a connu une période de tensions qui a failli compromettre leur collaboration.
- Le film, bien que léger en apparence, portait une critique voilée du système socialiste, en dénonçant les frustrations liées au manque d’opportunités économiques.
La comédie tchécoslovaque occupe une place particulière dans le cœur des spectateurs de toutes les générations. Parmi les œuvres les plus populaires, Vrchní Prchni, avec Josef Abrham et Hana Šafránková, se distingue par son humour intemporel et ses répliques cultes. Mais au-delà du divertissement, ce film recèle une subtilité que tous ne perçoivent pas immédiatement.
Ladislav Smoljak et Zdeněk Svěrák, un duo renommé dans le paysage cinématographique tchécoslovaque, sont à l’origine de plusieurs comédies devenues des classiques. Leur collaboration, fondée sur un humour intelligent et ancré dans la mentalité tchèque, a également donné naissance au personnage fictif de Jára Cimrman, un génie polyvalent considéré comme un symbole de l’identité nationale.
Des tensions créatives après des années de succès
Leur collaboration a débuté en 1974 avec le film Jáchym, hoď ho do stroje! (Jáchym, jetez-le dans la machine !). Plusieurs succès ont suivi, consolidant leur partenariat. Cependant, même cette collaboration fructueuse n’a pas été épargnée par les difficultés. Une crise est apparue lors de la préparation du film Rozbitý hrnec (Le pot brisé). Le désaccord principal portait sur le choix des acteurs : Smoljak a décidé de ne pas confier le rôle principal à Svěrák.

Une collaboration plus forte que les désaccords
Bien que Svěrák ait participé à l’écriture et au scénario, il n’a pas obtenu le rôle principal. Il a alors choisi de collaborer avec d’autres réalisateurs et de se consacrer davantage à la comédie. Leurs relations se sont finalement apaisées, mais des tensions sont restées présentes jusqu’au décès de Smoljak. Les raisons précises de ces différends restent toutefois sujettes à spéculation.
Fuyez!, une comédie qui divertit depuis plus de 40 ans
Avant ces problèmes de collaboration, le duo a travaillé sur une comédie qui a permis à Svěrák de décrocher un rôle mémorable. Vrchní Prchni, avec Josef Abrham dans le rôle principal, divertit les spectateurs depuis plus de 40 ans. Parmi les répliques les plus célèbres, on peut citer : « Chiffon, chiffon, chiffon pulporpolers ! », « C’est un chiffon » ou encore « On dirait un corbeau, mais c’est un lapin ! ».
Le déchaînement de situations rocambolesques et de scènes hilarantes attire chaque année des centaines de milliers de spectateurs. Ils apprécient non seulement l’humour du film, mais aussi la performance de Josef Abrham, qui incarne avec brio un homme ordinaire tentant d’améliorer sa vie et celle de sa famille par la fraude.

Un faux-monnayeur, victime du système
Bien que Fuyez! soit avant tout une comédie, elle contient également une critique subtile du régime socialiste de l’époque, qui ne convenait pas à tout le monde. Pour éviter la censure, cette critique est exprimée de manière implicite, à travers la frustration du manque d’argent, l’impossibilité de faire des affaires ou la nécessité de contourner les règles pour améliorer sa situation. Après la chute du régime, le personnage principal est apparu comme une victime du système, un homme contraint à la fraude par les circonstances. Mais cette dimension du film est restée largement méconnue.
