Publié le 15 novembre 2023. Les figures majeures de l’intelligence artificielle envisagent un avenir où l’automatisation généralisée pourrait bouleverser le marché du travail et nécessiter de nouvelles formes de redistribution des richesses, voire un revenu universel.
- Elon Musk, Demis Hassabis, Mustafa Suleyman et Sam Altman prédisent une ère d’abondance grâce à l’IA et la robotique.
- Ils reconnaissent que cette abondance pourrait rendre de nombreux emplois obsolètes.
- Des propositions concrètes, comme un revenu universel élevé ou un fonds d’équité, sont avancées pour gérer les conséquences de cette transformation.
Lors du Forum d’investissement saoudo-américain, Elon Musk a brossé un tableau futuriste où l’intelligence artificielle (IA) et les robots humanoïdes assumeraient la quasi-totalité des tâches. Dans ce scénario, l’argent perdrait de son importance, les emplois deviendraient presque des loisirs, à l’instar du jardinage, et la pauvreté serait éradiquée grâce à un « revenu universel élevé » versé par l’État.
Musk n’est pas le seul leader technologique à partager cette vision. Demis Hassabis, de Google DeepMind, anticipe une ère d’« abondance radicale », où l’IA générera une productivité et une prospérité exceptionnelles, avec une répartition des gains jugée « équitable ». Mustafa Suleyman, de Microsoft AI, plaide pour une « disposition de base universelle », garantissant l’accès aux systèmes d’IA et aux services numériques comme un droit fondamental. Sam Altman, d’OpenAI, a quant à lui proposé la création d’un « American Equity Fund » qui préleverait une taxe de 2,5 % par an sur les grandes entreprises et les propriétés foncières afin de verser un dividende annuel à chaque adulte américain.
Ces initiatives convergent vers une reconnaissance implicite : le développement de l’IA, bien que prometteur en termes de création de richesses matérielles, pourrait également entraîner une destruction massive d’emplois. L’avenir envisagé par ces experts repose sur l’idée que les « sources de richesse coopérative » seront si abondantes que les individus recevront en fonction de leurs besoins, et non plus en fonction de leurs heures de travail.
En d’autres termes, les architectes de l’IA semblent préparer le terrain pour un monde où le travail, tel que nous le connaissons, pourrait être profondément transformé, voire rendu superflu, nécessitant une refonte des systèmes économiques et sociaux.
