Publié le 8 janvier 2026 à 20h30, heure locale. L’activiste climatique Sonam Wangchuk, arrêté fin septembre au Ladakh, conteste devant la Cour suprême indienne les motifs de sa détention, dénonçant une volonté délibérée des autorités de le discréditer.
- Sonam Wangchuk affirme que ses appels à la paix ont été ignorés, voire déformés, par les autorités locales.
- Il a été arrêté en vertu de la Loi sur la sécurité nationale (NSA) de 1980, deux jours après des violences au Ladakh.
- Son avocate dénonce un acharnement de l’État, notamment à l’approche des élections locales.
L’affaire de l’arrestation de Sonam Wangchuk, figure de proue de la défense de l’environnement et militant pour le statut particulier du Ladakh, a été reportée à la Cour suprême indienne. L’activiste, arrêté le 26 septembre 2025 et incarcéré à la prison centrale de Jodhpur au Rajasthan, estime que sa détention est motivée par des considérations politiques et une volonté de le faire taire.
Lors de l’audience de jeudi, l’avocate de M. Wangchuk, Kapil Sibal, a plaidé devant les juges Aravind Kumar et PB Varale que les messages de son client appelant au calme après des manifestations ayant fait des morts et des blessés n’ont pas été pris en compte par les autorités. Elle a souligné que ces messages, diffusés publiquement, n’ont pas été transmis aux instances compétentes pour l’examen de son dossier.
« N’est-il pas du devoir des autorités locales de remettre les vidéos à l’autorité détentrice ? L’autorité détentrice n’avait pas connaissance des vidéos. Il est de droit établi que même les éléments en faveur du détenu soient examinés avant d’émettre un ordre de détention. »
Kapil Sibal, avocate de Sonam Wangchuk
Selon l’avocate, cette omission constitue une « mauvaise intention délibérée » qui entache la légalité de l’ordre de détention. Elle a diffusé les vidéos en question devant la Cour, démontrant l’appel constant de M. Wangchuk à la cessation des violences.
L’avocate a également mis en lumière un contexte politique tendu. Elle a affirmé que le ministère de l’Intérieur avait exprimé des réserves quant à l’inclusion de M. Wangchuk dans les instances de dialogue avec le gouvernement concernant le statut du Ladakh et les garanties prévues par la sixième annexe de la Constitution indienne. Cette action de l’État coïncide avec la préparation des élections au Conseil de développement autonome des collines du Ladakh, à Leh, prévues pour octobre 2025, où M. Wangchuk avait publiquement rappelé les promesses non tenues de 2020.
Par ailleurs, M. Sibal a dénoncé un retard « flagrant » dans la communication des motifs précis de la détention à M. Wangchuk, qui n’a reçu ces informations que 28 jours après son arrestation, malgré ses demandes répétées. Elle a rappelé que l’article 8 de la Loi sur la sécurité nationale (NSA) exige la communication de ces motifs dans un délai de 10 jours, afin de permettre au détenu de préparer sa défense. De plus, l’avocate a souligné que l’ordre de détention ne reflétait pas une « satisfaction indépendante et subjective » du magistrat, comme l’exige l’article 3 de la NSA de 1980.
La Cour suprême a fixé la prochaine audience au 12 janvier pour examiner plus en détail les arguments de la défense.
