Publié le 25 novembre 2025 16h56. Plus de dix millions d’Italiens sont touchés par la douleur chronique, une véritable pathologie souvent sous-estimée et mal prise en charge, malgré une loi de 2010 qui garantit le droit à des soins adaptés.
- Plus de dix millions d’Italiens souffrent de douleurs chroniques liées à diverses pathologies, de la sclérose en plaques à l’endométriose.
- La loi n° 38 de 2010 reconnaît le droit à une thérapie contre la douleur, mais sa mise en œuvre reste inégale sur le territoire national.
- Une nouvelle alliance d’associations de patients se mobilise pour faire entendre leur voix et améliorer la prise en charge de la douleur chronique.
La douleur chronique, persistante et invalidante, affecte profondément la qualité de vie de millions de personnes en Italie. Elle peut être le symptôme de nombreuses maladies, telles que la sclérose en plaques, les céphalées, la fibromyalgie, l’endométriose, les maladies rhumatologiques, le psoriasis, les inflammations chroniques de l’intestin, les tumeurs ou les neuropathies diabétiques. Bien que la douleur soit souvent perçue comme un simple symptôme, elle constitue en réalité une pathologie à part entière, limitant les droits, l’autonomie et la dignité des personnes qui en souffrent.
La loi n° 38 de 2010, intitulée « Dispositions visant à garantir l’accès aux soins palliatifs et au traitement de la douleur », a affirmé le droit de chaque patient à bénéficier d’une « thérapie contre la douleur ». Cependant, quinze ans après son adoption, la mise en œuvre de cette loi reste fragmentée et inégale à travers le pays. C’est dans ce contexte qu’un groupe d’associations de patients a lancé une campagne de sensibilisation, avec la présentation d’une affiche intitulée « Douleur : Non merci ! » à Rome.
Coordonnées par l’association Moteur de santé, ces associations ont créé l’« Alliance contre la douleur chronique » afin de faire valoir le droit à ne pas souffrir, tel que prévu par la loi n° 38, qui est trop souvent bafoué. Elles ont également défini les priorités d’un programme de lutte contre la douleur chronique dans un manifeste portant le même nom. L’honorable Gian Antonio Girelli, président de l’Intergroupe parlementaire sur la prévention et la réduction des risques, a apporté son soutien à cette initiative.
« La douleur, lorsqu’elle devient quotidienne, n’est pas qu’un symptôme, mais une condition qui limite les droits, l’autonomie et la dignité. Ce sujet est resté trop longtemps ignoré et sous-estimé. Donner la parole aux patients et construire un réseau capable de garantir véritablement le droit de ne pas souffrir est un devoir que les institutions ne peuvent plus différer. »
Gian Antonio Girelli, président de l’Intergroupe parlementaire sur la prévention et la réduction des risques
On estime que plus de dix millions d’Italiens vivent avec des douleurs chroniques. Il est important de souligner que la douleur peut être traitée dans des établissements dédiés, en ambulatoire ou à l’hôpital (pour les cas les plus graves), grâce au Service national de santé. Selon le professeur Marco Mercieri, de l’Université La Sapienza de Rome, la douleur chronique est une pathologie sous-estimée, touchant neuf maladies chroniques sur dix et engendrant un coût social considérable, estimé à environ 62 milliards d’euros par an (selon les données du Censis). Une prise en charge spécialisée par un thérapeute de la douleur permettrait une économie d’environ 20 % des dépenses totales, soit environ 3 000 euros par patient et par an, ainsi qu’une réduction d’environ 50 % des hospitalisations pour chirurgie.
L’Alliance a déjà rassemblé plusieurs associations de patients, dont l’ AISM (Association italienne de la sclérose en plaques), l’ Alliance Céphalalgie, AMICI (Association nationale pour les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin), l’ ANMAR (Association nationale des maladies rhumatismales), l’ APIAFCO (Association Italienne du Psoriasis Amis de la Fondation Corazza), l’ APMARR (Association Nationale des Personnes atteintes de Maladies Rhumatologiques et Rares Aps-Ets), la FAND (Association italienne des diabétiques), la FAIS (Fédération des associations d’incontinents et de stomisés), le LES (Groupe Italien de lutte contre le Lupus Érythémateux Systémique), La voix de chacun est la voix de tous – Endométriose et Libellules gratuites-Fibromyalgie. L’Alliance entend sensibiliser les institutions, développer une présence dans les instances nationales et régionales, promouvoir l’accompagnement des patients et partager les bonnes pratiques.
Le manifeste « Douleur : Non merci ! » formule huit revendications principales : améliorer l’information, actualiser les niveaux d’assistance essentiels, renforcer la formation des professionnels de santé, soutenir les patients, lutter contre les listes d’attente, combattre la stigmatisation, développer un réseau professionnel de soutien et obtenir des financements adéquats. Il souligne également la nécessité de mettre en œuvre pleinement les dispositions de la loi n° 38 de 2010, qui sont jusqu’à présent principalement appliquées aux soins palliatifs.
