Publié le 22 novembre 2023 14:30:00. Des chercheurs suédois ont identifié un circuit cérébral impliqué dans l’apparition de comportements compulsifs, ouvrant de nouvelles perspectives pour la compréhension et le traitement de troubles tels que le trouble obsessionnel-compulsif et les addictions.
- Une équipe de scientifiques a découvert un circuit cérébral qui semble activer et maintenir des comportements répétitifs chez les souris.
- Ce circuit relie le noyau accumbens (centre de la récompense), l’hypothalamus (régulation des besoins fondamentaux) et l’habenula (traitement des expériences négatives).
- L’activation de ce circuit a conduit les souris à répéter des actions même en présence de récompenses, suggérant une perte de contrôle comportemental.
Jusqu’à présent, les mécanismes cérébraux précis responsables des comportements compulsifs, observés dans des troubles comme le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) et les addictions, restaient mal compris. Une nouvelle étude, publiée dans la revue Science Advances, apporte un éclairage significatif sur cette question.
Selon Konstantinos Meletis, directeur de recherche, l’équipe a mis en évidence un circuit cérébral capable de « mettre le comportement en mode répétition ».
« Ces informations nous aident à comprendre comment les comportements compulsifs apparaissent et peuvent contribuer au développement de nouveaux traitements, par exemple contre le TOC et diverses addictions. »
Konstantinos Meletis, directeur de recherche
Au cœur de cette découverte se trouve l’interaction entre trois régions cérébrales clés. Le processus débute au niveau du noyau accumbens, une zone essentielle du système de récompense. Le signal se propage ensuite vers l’hypothalamus, qui joue un rôle crucial dans la régulation des besoins primaires tels que la faim, la soif et la température corporelle. Enfin, le circuit se termine à l’habenula, une zone impliquée dans le traitement des expériences désagréables ou négatives.
Pour étudier le fonctionnement de ce circuit, les chercheurs ont utilisé une technique appelée optogénétique. Cette méthode permet d’activer ou de désactiver des cellules spécifiques à l’aide de la lumière. En modifiant génétiquement les cellules pour qu’elles soient sensibles à la lumière, ils ont pu contrôler leur activité avec une grande précision. Lorsque l’équipe a activé le circuit identifié, les souris ont manifesté des comportements répétitifs, comme creuser ou renifler de manière compulsive, même en présence de nourriture ou d’opportunités d’interaction sociale.
L’étude a également révélé que plus le circuit était activé, plus les comportements compulsifs devenaient prononcés, suggérant une escalade de la priorité accordée à ces actions répétitives. À l’inverse, la désactivation de la partie reliant l’hypothalamus à l’habenula a permis de faire disparaître ces comportements. Ces résultats soulignent l’importance de l’ensemble du circuit, et non de ses composantes isolées, dans l’expression de la compulsion. Meletis précise :
« Cela montre comment le cerveau peut donner la priorité à certains comportements même lorsque ces comportements ne sont pas fonctionnels ou gratifiants. »
Konstantinos Meletis, directeur de recherche
Les chercheurs soulignent toutefois la nécessité de prudence dans l’interprétation de ces résultats. L’étude a été menée sur des souris et il est donc prématuré d’affirmer que les mêmes mécanismes sont à l’œuvre chez l’homme. Ils considèrent ces découvertes comme un point de départ prometteur pour de futures recherches visant à mieux comprendre les troubles compulsifs et à développer des traitements plus efficaces.
Pour en savoir plus sur les recherches en neurosciences, vous pouvez consulter cet article sur les fonctions de l’hémisphère cérébral sectionné ou cette étude sur la création de souris dotées d’un cerveau hybride.
