Publié le 17 décembre 2025 à 15h15. Une startup britannique révolutionne potentiellement le stockage de données à long terme en développant une technologie capable de conserver des informations pendant des milliards d’années, surpassant de loin la durée de vie des supports actuels.
- SPhotonix a mis au point un système de stockage optique 5D basé sur des cristaux de verre ultra-résistants.
- Ce nouveau support promet une capacité de stockage allant jusqu’à 360 térioctets (To) par disque de la taille d’un CD standard.
- La technologie se positionne comme une solution idéale pour l’archivage de données à très long terme, malgré une vitesse d’écriture et un coût actuellement élevés.
Les supports de stockage traditionnels, qu’il s’agisse des disques durs, des SSD ou des bandes magnétiques, sont confrontés à des limites inhérentes à leur durée de vie. Les disques durs sont susceptibles de subir des dommages physiques, les SSD ont un nombre limité de cycles d’écriture, et les bandes magnétiques nécessitent une réécriture constante pour éviter la perte de données. Face à ces contraintes, la startup SPhotonix, fondée en 2024, propose une approche radicalement différente.
L’entreprise développe une technologie de stockage optique 5D, surnommée « cristal de mémoire ». Au lieu de graver des données sur la surface d’un support, comme c’est le cas pour les disques durs ou les Blu-ray, SPhotonix utilise un laser de haute précision pour inscrire les informations à l’intérieur d’un verre de silice fondue particulièrement robuste. Les données sont codées en trois dimensions spatiales, ainsi que par l’orientation et l’intensité des nanostructures créées par le laser, offrant ainsi une densité et une résilience exceptionnelles.
Selon SPhotonix, un seul disque en verre de la taille d’un CD standard pourrait stocker jusqu’à 360 To de données. Mais l’avantage majeur de cette technologie réside dans sa durabilité. Les estimations suggèrent que les données stockées sur ce support resteraient lisibles pendant 13,8 milliards d’années, soit l’âge de l’univers. Ce verre est insensible à la chaleur, aux radiations, aux interférences électromagnétiques et à la dégradation physique, des facteurs qui affectent les supports de stockage conventionnels.
Pour l’heure, cette technologie n’est pas encore prête pour une utilisation quotidienne. La vitesse d’écriture du prototype actuel est d’environ 4 mégaoctets (Mo) par seconde, tandis que la vitesse de lecture atteint 30 Mo par seconde. Ces performances sont bien inférieures à celles des SSD modernes, ce qui positionne ce support comme une solution d’archivage de données froides, c’est-à-dire des informations rarement consultées mais dont la conservation est cruciale.
SPhotonix ambitionne d’améliorer considérablement ces vitesses, en visant des taux de lecture et d’écriture allant jusqu’à 500 Mo par seconde dans les trois à quatre prochaines années. Le coût de cette technologie reste également un obstacle. Le dispositif d’écriture de données est estimé à environ 30 000 dollars américains, tandis que le lecteur de données coûterait environ 6 000 dollars. Un lecteur prêt à l’emploi devrait être disponible dans les 18 mois à venir.
Malgré ces contraintes, l’intérêt pour cette technologie commence à se manifester, notamment de la part des opérateurs de centres de données. L’explosion du volume mondial des données entraîne une augmentation des coûts liés au stockage des données froides, notamment en termes d’électricité, de refroidissement et de migration périodique. Les supports de stockage passifs, qui ne nécessitent ni alimentation ni maintenance, représentent une alternative séduisante.
SPhotonix vise désormais à cibler des applications spécifiques telles que les archives scientifiques, les documents juridiques, les données culturelles et les archives historiques – des données qui doivent être conservées sur de très longues périodes. Avec une durée de vie estimée à plusieurs milliards d’années, cette technologie se positionne clairement comme une solution pour l’avenir lointain.
